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Afrique du Sud : Quand les manifestations «pro-Zuma» virent au vandalisme

Publié le Mardi 13 Juillet 2021 | MAP - Ilias Khalafi



Johannesburg - Depuis plusieurs jours, les sirènes ne cessent de retentir dans les provinces sud-africaines du KwaZulu-Natal et de Gauteng suite aux manifestations «pro-Zuma» qui ont viré au vandalisme et au pillage.


De grandes villes comme Johannesburg, Durban et Pietermaritzburg continuent d'être secouées par des violences et des actes criminels qui se sont déclenchés suite à l'emprisonnement de l'ex-président sud-africain Jacob Zuma pour outrage à la Justice.

Il n'en fallait pas plus que la Cour constitutionnelle du pays condamne M. Zuma à 15 mois de prison, pour briser l'équilibre fragile de la société sud-africaine et plonger la Nation Arc-en-ciel dans le chaos.

Désormais, les manifestants ne sont pas dans les rues pour seulement réclamer la libération de leur leader politique, mais aussi pour créer le désordre afin de pouvoir piller les supermarchés et incendier les biens publics et privés.

Faisant fi de l'État d'urgence en vigueur dans le pays et des restrictions sévères imposées pour faire face à la pandémie de la Covid-19, les foules de pillards et de malfaiteurs ont pris d'assaut les principales villes sud-africaines, créant une situation de panique dans tout le pays.

A Johannesburg, poumon économique de ce pays d'Afrique australe, le quartier des affaires de Sandton City a été déserté par les nombreux clients et promeneurs qui, en temps normal, sont nombreux à faire leurs emplettes en cette période des soldes.

En revanche, la présence des forces de sécurité est très visible. Des agents lourdement armés, relevant des compagnies de sécurité privées, gardent les entrées et sillonnent les allées des centres commerciaux.

Si la situation semble être sous contrôle dans les quartiers riches de la ville, il n'en est pas de même pour les autres zones mal loties telles que le township d'Alexandra et les quartiers de Maboneng, Berea, Jeppestown et Vosloorus.

Dans un dernier bilan, la police sud-africaine a fait état d'au moins dix morts et des centaines de personnes arrêtées dans la province de Gauteng, qui englobe Johannesburg et la capitale Pretoria.

Au KwaZulu-Natal, fief de la tribu des Zoulous, dont M. Zuma est originaire, la situation est encore plus grave. Les manifestants ont bloqué les principales routes de la province, incendié des véhicules et des camions et pillé plusieurs centres commerciaux.

Certains ont été vus repartir avec des chariots remplis, notamment avec des appareils électroménagers, dont des téléviseurs, des machines à laver et des réfrigérateurs.

Lundi matin, des coups de feu et des explosions ont retenti dans différentes parties de la province. La police et les sociétés de sécurité privées ont été débordées par les foules des manifestants, tandis que le système du transport public a été suspendu jusqu'à nouvel ordre.

Dans ce contexte, le gouvernement du président Cyril Ramaphosa a décidé de recourir aux gros moyens. L'armée sud-africaine sera ainsi déployée pour assister les forces de l'ordre dans les deux provinces concernées.

Par ailleurs, M. Ramaphosa a déploré les violences qui continuent de ravager le pays appelant les manifestants au calme. Il a également exhorté les populations à s'abstenir de porter atteinte à l'Etat de droit et d'infliger des dommages à l'économie, déjà fragilisée par la pandémie de la Covid-19.

L’emprisonnement de M. Zuma n'est, en fin de compte, que la paille qui a brisé le dos du chameau. En Afrique du Sud, le chômage, les violences et les inégalités sociales battent tous les records.

Ainsi, ce qui a commencé par des manifestations «pro-Zuma» a dégénéré, comme prévu, en actes de vandalisme et de pillage, révélant au grand jour la réalité d'un pays meurtri et appauvri par de longues années de corruption et de mauvaise gestion.



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