Bulletin écologique du Maghreb

Publié le Mercredi 12 Mai 2021 à 13:52 | MAP


Tunis - Garâa Sejnane, la plus grande zone humide naturelle en Tunisie vient d'être officiellement inscrite sur la liste des zones humides d'importance internationale "Ramsar".


Il s'agit d'une première pour un site privé en Tunisie, qui a été inscrit sur cette liste par le projet "Save Plants" porté par la Direction Général des Forêts en Tunisie et l'association WWF - Afrique du Nord, et financé par le Fonds de Partenariat pour les Ecosystèmes Critiques (CEPF).

Le véritable enjeu de ce projet est d’assurer une synergie entre les communautés locales -propriétaires et utilisateurs des terres- et les institutions publiques de conservation.

La conservation des ressources végétales du site ne peut être garantie qu’avec la sensibilisation des populations locales et de la société civile (Associations, GDA...), et la formalisation de conventions et nouveaux protocoles entre ces différents acteurs, mais réunis autour de la conservation du site et ses ressources.

Les efforts de concertation et sensibilisation des propriétaires pendant deux ans ont abouti à la conservation de Garâa Sejnane et son système hydraulique.

Les communautés locales ont signé une charte pour mettre fin au drainage et garantir la protection du site pendant la période de floraison de l’espèce. L’implication de la population locale pour la conservation du site est aussi complétée par la multiplication in situ et ex situ de Rumex et autres plantes patrimoniales afin d’assurer leur conservation. 

Garâa Sejnane, est une zone humide d’eau douce, remplie à grande étendue de 4.322 ha en hiver. Cependant, le plan d’eau se rétrécit au printemps jusqu’à devenir complètement à sec en été pour devenir un domaine de pâturage.

Ce plan d’eau est en effet un terrain collectif privé appartenant aux communautés locales de Sejnane qui l’utilisent pour le pâturage. Avec l’irrégularité des précipitations et le drainage illégal depuis la fin des années 50, la Garâa devient favorable au pâturage presque toute l’année.

En effet, la zone humide était historiquement un lac donc le drainage répété a causé sa disparition et entraîné un important déclin des communautés de plantes qui vivent immergées dans l'eau.

Le manque de statut de conservation du site qui appartient à des propriétaires privés laisse peser des menaces majeures sur la Garâa Sejenane avec une potentielle intensification du drainage, l'invasion de plantes exotiques envahissantes et le puisement excessif d’eau potable.

Le site est un refuge pour plusieurs espèces menacées, avec notamment la seule population au monde de Rumex tunetanus (considéré en danger Critique d’Extinction par l’UICN), la plus grande population mondiale de la fougère "Pilularia minuta" endémique à la région méditerranéenne, et la plus importante population d’Elatine macropoda en Afrique du Nord.

Le drainage du site est un danger réel qui pourrait engendrer la disparition non seulement du Rumex mais de tout l’écosystème dont il dépend.

-. Alger, La wilaya algérienne de Sétif (Nord-est) ne récupère quotidiennement que 9% des déchets ménagers, estimés, selon la direction de l'environnement de la wilaya, à 1.800 tonnes/jour.

"Si l’on compte la récupération anarchique et qui n’obéit pas aux règles, on peut dire qu’on récupère 21% des déchets produits chaque jour au maximum. C’est très peu car les déchets ménagers sont récupérables à hauteur de 9% pour le carton, de 12% pour le plastique, de 8% pour le verre et de 60% pour les autres déchets qui peuvent être transformés en engrais", a expliqué M. Djaârane Khalil, chef de service au niveau de la direction de l’environnement.

"La non-récupération des déchets constitue un véritable manque à gagner pour les collectivités locales qui, non seulement perdent de l’argent, mais en déboursent pour le ramassage, dont le paiement des agents, la réquisition des engins et matériels, ainsi que pour l’enfouissement et la réalisation des centres d’enfouissement", a-t-il ajouté, en soulignant que l’Assemblée communale de Sétif paye jusqu’à 90 milliards de centimes par an pour la collecte et l’enfouissement des déchets.

L’adoption de l’enfouissement technique des déchets comme mode d’élimination a engendré, en effet, des coûts supplémentaires aux collectivités, a précisé la même source.

Selon M. Djaârane, ce montant peut être utilisé pour la réalisation d’une station de tri avec une capacité de 1.000 tonnes par jour pour Sétif et de vingt autres communes de la wilaya. Le montant peut être couvert au bout de trois ans d’exercice en récupérant et recyclant à hauteur de 100% les déchets pour entrer ensuite dans la phase de réalisation des bénéfices.