Marocafrik : Bulletin d'information maroco-africain
           

Bulletin écologique du Maghreb

Publié le Mercredi 7 Juillet 2021 | MAP



Tunis - Pour accélérer l'adoption des énergies renouvelables en Tunisie, l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) a appelé à résoudre les problématiques liées à l’absence de planification globale, à la multitude d’intervenants, à la complexité des procédures, à l’insuffisance des infrastructures disponibles et au financement.


Dans un rapport évaluant l’état de préparation de la Tunisie aux énergies renouvelables, l’IRENA recommande d’entreprendre huit actions essentielles pour accélérer l’adoption des énergies renouvelables par le pays.

Selon l'IRENA, il s’agit d’abord, de mettre en place un cadre de planification et un calendrier relatifs aux énergies renouvelables. Le rapport souligne que le Plan solaire tunisien (PST) encourage l’installation d’environ 4 gigawatts (GW) d’énergie électrique de source renouvelable variable (ERV) (solaire et éolienne) et leur adjonction au réseau.

Le pays aura donc besoin d’une méthodologie de planification globale, à long terme, et notamment d’un calendrier réaliste fixant les montées en capacité du système national de l’électricité au-delà de 2023, a expliqué la même source.

Elle a estimé qu'en planifiant la nouvelle capacité à l’avance, ainsi que les lieux d’implantation et les technologies, il sera possible de résoudre certaines contraintes présentées par le système.

Dans ce sens, l'IRENA propose d’améliorer l’évaluation du potentiel en énergies renouvelables à travers le zonage, faisant savoir que les bases de données actuelles de la Tunisie doivent être améliorées pour refléter les récentes campagnes d’évaluation sur les ressources d’énergies renouvelables.

Pour l'agence, il est essentiel de disposer de données plus fines afin de définir les zones qui, en Tunisie, sont les plus aptes au développement des différentes technologies liées aux énergies renouvelables.

L’agence estime, par ailleurs, nécessaire de simplifier les procédures d’approvisionnement destinées au développement du réseau électrique, relevant que l’acquisition et la mise en place des infrastructures de transport en réseau par la STEG font l’objet de marchés publics.

La longueur des procédures y relatives entraîne un décalage entre la date d’achèvement d’une centrale produisant de l’énergie renouvelable et celle du raccordement au réseau pour y injecter l’électricité produite.

Le rapport souligne, en outre, la nécessité de définir clairement les responsabilités au sein des institutions et de renforcer les ressources humaines, notant que, compte tenu du nombre considérable de ministères et d’institutions publiques impliqués dans les projets liés aux énergies renouvelables, les entrepreneurs ont du mal à comprendre les procédures d’autorisation de leurs projets.

Elle plaide ainsi pour la création d’une seule plate-forme en ligne qui permettrait de clarifier le rôle que jouent les différentes institutions impliquées dans l’approbation des projets.

D'après l'agence, une telle plate-forme comprendrait des directives normalisées et la liste des autorités concernées, en précisant les rôles et responsabilités de chacune d’entre elles pendant les différentes étapes de la mise en œuvre des projets.

L'IRENA appelle aussi à établir un régulateur indépendant pour le sous-secteur de l’électricité, qui garantira le respect des réglementations et encouragera la mise en place d’un environnement concurrentiel transparent et équitable pour les producteurs privés.

Sous le chapitre du financement, l’IRENA a recommandé de rendre pleinement opérationnel le Fonds de transition énergétique en mobilisant les fonds nécessaires auprès des secteurs public et privé, ainsi que de mettre en place des mesures incitatives, ainsi que de mettre à la disposition des prêts et des lignes de crédit par les institutions financières internationales à cette fin.

L’agence préconise aussi de créer un mécanisme de financement dédié au pompage solaire de l’eau en concevant un programme encourageant les agriculteurs à remplacer le diesel par l’énergie solaire photovoltaïque pour pomper l’eau.

Il serait possible de développer ce programme dans le cadre des programmes "Prosol" et "Prosol électrique", pour que les aides de l’Etat (notamment le système de crédits) correspondent à la capacité de remboursement des agriculteurs, note-t-elle.

Pour l'IRENA, il est important d’impliquer les banques locales dans le financement des énergies renouvelables. Pour ce faire, le gouvernement devrait renforcer les capacités humaines et techniques des institutions financières locales, afin d’améliorer leur aptitude à évaluer les risques liés aux projets et de les encourager à créer des mécanismes de crédit, insiste-t-elle.

Il convient aussi d’intensifier la levée de fonds d’origine étrangère, notamment par le biais de la coopération bilatérale et des programmes de financement pour le climat garantis par la Société tunisienne de garantie ou appuyés par la Banque centrale de Tunisie, détaille-t-elle.

-. Alger, Depuis le 1er juin, l'Algérie a enregistré 120 départs de feu qui ont consumé 450 ha de couvert végétal et forestier, selon le premier bilan dressé par la Direction générale des forêts (DGF), alors que la saison des grandes chaleurs vient à peine de démarrer, marquée par une forte sécheresse pour la troisième année consécutive.

Sétif arrive en tête des wilayas touchées par ces incendies qui ont ravagé 98 ha de forêt, suivie de Béjaïa avec 75 ha d’espace forestier perdus, et Tébessa avec 51 ha, dont 30 ha d’alfa, selon la même source.

Bouira et Tizi Ouzou clôturent cette triste comptabilité des feux de forêt avec respectivement 43 et 27 ha perdus.

Ce premier bilan représente une moyenne de 4 départs de feu de forêt par jour et 3,7 ha de pertes par foyer d’incendie, selon la DGF.

D'après l’expert algérien en risques majeurs Abdelkrim Chelghoum, depuis vingt ans, l'Algérie perd une moyenne annuelle de 35.000 et 40.000 ha de forêt dans les incendies.

Le gros problème qui se pose dans la lutte contre les feux de forêt réside dans les mesures préventives qui demeurent insuffisantes, a expliqué M. Chelghoum, cité par le journal algérien "Liberté".

Il a critiqué la "gestion bureaucratique des feux de forêt" de la part des autorités, relevant qu'"on gère la catastrophe, on ne la prévient pas".

"On ne gère pas un risque majeur comme on gère une élection", a-t-il enchaîné, expliquant que les responsables concernés sont calfeutrés dans leurs méthodes de lutte et bureaucratiquement formatés.

Dans ce sens, il a préconisé une autre démarche ou stratégie capable d’inverser la tendance et de réduire les pertes jusqu’à 90% par rapport à la moyenne annuelle actuelle.

"Nous n’avons jamais eu un modèle numérique qui nous permette de disposer d’une cartographie exacte de nos massifs forestiers et de déterminer aussi la signature de chaque espèce d’arbre pour voir le taux d’inflammabilité de chaque parcelle à travers tout le pays", regrette-t-il, suggérant un "aménagement urbanistique des espaces forestiers afin de faciliter l’accès aux sapeurs-pompiers lors de leurs interventions".

Aussi, l’expert en risques majeurs note l’insuffisance des "points d’eau" dans l’espace forestier, mettant l’accent sur le fait que les ravages subis par les forêts ont un impact direct sur les barrages d’eau, dont une partie est envasée, dans un contexte de stress hydrique en augmentation.

"Il faut utiliser également les moyens de télédétection pour anticiper les incendies", a ajouté M. Chelghoum, mettant l’accent sur le travail de sensibilisation qui, selon lui, doit être permanent et à tous les niveaux.



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