Bulletin écologique du Maghreb

Publié le Lundi 9 Août 2021 à 10:39 | MAP


​Alger - La quantité de déchets ménagers et assimilés (DMA) produite durant l'année 2020 en Algérie est estimée à environ 13,5 millions de tonnes, selon l’Agence nationale des déchets (AND).


Dans un rapport, l'agence a relevé que la croissance démographique et le développement urbain contribuent fortement à l’augmentation de ce volume.

Le document fait ressortir que l’indice de performance sur la gestion actuelle des déchets en Algérie est évalué à 5,38, qui est considéré comme une performance moyenne.

Pour que le service assuré soit performant, il doit dépasser la barre des 7, précise le rapport de 2020 de l’AND, relevant que ses services ont procédé à l’évaluation de l’état de plus 50 installations de traitement, Centres d’enfouissement technique (CET) et décharges sauvages (DC) confondus.

De sérieuses contraintes techniques et managériales ont été relevées, souligne le document.

"Il s’agit en l’occurrence de la saturation précoce des casiers, de la pollution du sol et des eaux souterraines par l’écoulement et/ou l’infiltration des lixiviats hors casier et bassins de rétention de la pollution de l’air par l’échappement direct (sans traitement) des biogaz issus de la dégradation anaérobique de la matière organique, de l’exploitation non conforme au guide de gestion des CET", lit-on dans le rapport.

Ces défaillances sont dues, expliquent les rédacteurs de ce bilan, "soit à des erreurs de conception, de réalisation, soit provoquées lors de leur mise en exploitation".

La gestion des déchets ménagers et assimilés constitue un des principaux défis que doivent relever les pouvoirs publics en permanence car l’accroissement des quantités de déchets dû à la forte expansion démographique, la croissance des activités économiques et l’urbanisation rapide qui posent de sérieux problèmes environnementaux, sanitaires et financiers.

Le rapport cite, à ce propos, "l’augmentation du coût de la collecte des déchets liée à la hausse de la production journalière, la saturation des installations de traitement des déchets qui constitue une contrainte majeure étant donné la rareté du foncier pour la mise en place de nouveaux CET, décharges contrôlées".

L’autre problème soulevé, et non des moindres, a trait à l’émission des gaz à effet de serre (GES), ajoutée aux rejets de lixiviats, causée par la collecte des déchets, les installations de traitement et les décharges brutes qui constituent également des facteurs de pollution potentiels de l’environnement, notamment les cours d’eau et les nappes phréatiques.

Face à toute cette problématique, les spécialistes de l’AND pensent qu’"il est primordial de déterminer une estimation précise de la quantité des déchets produite par habitant et par jour (kg/habitant/jour) appelée communément ratio".

A l’échelle nationale, les quantités des déchets ménagers et assimilés produites sont estimées à 0,80 kg/habitant/jour.

S’inscrivant en droite ligne de la stratégie mise en œuvre par le ministère de l’Environnement, l’AND a mis en place un dispositif de valorisation de ces déchets.

Or, tel que le mentionne le rapport, "la performance économique des activités de valorisation des déchets en Algérie est exposée à plusieurs contraintes qui constituent des freins pour le développement des opérateurs exerçant dans le secteur et des pertes considérables sur le plan économique".

Malgré les mécanismes mis en œuvre pour faciliter la création d’entreprises dans ce secteur, "certains obstacles freinent la participation des opérateurs économiques à cause, surtout, du difficile accès au gisement des déchets au niveau des installations de traitement", déplorent les rédacteurs de ce rapport.

La grande majorité des opérateurs, indique le document, ne dispose pas, en outre, d’un foncier suffisamment adapté aux activités de valorisation des déchets. Ce qui influe directement sur la capacité de tri, de stockage et de valorisation. L’on relève aussi l’"absence d’une main-d’œuvre locale et le regard négatif de la société vers ce genre d’activité qui constituent un véritable obstacle pour le développement de cette filière", constatent les experts de l’AND.