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Casablanca en 2020: Quand la vie fait face à la mort réelle et symbolique

Publié le Samedi 26 Décembre 2020 | MAP - Abdellatif EL JAAFARI



​Casablanca - La nouvelle réalité engendrée par la pandémie du nouveau coronavirus a posé, tout au long de l'année 2020, des défis sans précédent aux plans social et sanitaire tant pour les responsables que les populations de la région de Casablanca-Settat, qui devaient faire preuve d'une bonne dose d'ingéniosité pour juguler ces contraintes très pesantes et faire en sorte que la vie ne s'arrête pas pour autant.


La région, particulièrement la métropole Casablanca, a fait face à une dure épreuve à cause d'une prolifération rapide et exponentielle du Covid-19 à partir de la deuxième moitié de l'année. Outre un bilan de santé des plus lourds en termes de contaminations et de décès, la facture sociale a été aussi bien corsée pour le "cœur battant" de l'économie nationale.

Du jour au lendemain, des milliers de personnes se sont retrouvés au chômage et beaucoup d'autres devaient s'essayer à des difficultés financières parfois insurmontables, en raison de la baisse d'activité et des fermetures en cascade des TPE et des commerces emportés par le torrent épidémique.

Un combat de longue haleine à été mené tout au long de cette année pour venir à bout du virus qui affecte non seulement la santé et la vie des gens, mais aussi leur gagne-pain, à travers la quasi-paralysie des secteurs productifs, à l'exception des grands groupes dont la continuité est plus que capitale pour l'approvisionnement des marchés de tout le Royaume.

La perte d'un être cher emporté par le Covid-19 est aussi cruelle que la perte du travail, qui est la source de survie de toute la famille. Heureusement, le fort impact de la crise a été atténué par les prestations du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du nouveau coronavirus, qui a consacré des enveloppes budgétaires aux catégories sociales vulnérables touchées par l'arrêt de leurs activités.

Si des nombreux entrecroisements et similitudes ont été enregistrés dans la majeure partie du pays en termes de l'évolution et de la trajectoire de la crise sanitaire, la région de Casablanca-Settat et sa métropole ont constitué, encore une fois, une exception. D'abord, la densité démographique a rendu hypothétique le respect des gestes barrières, surtout la question de la distanciation.

Au regard des liens organiques entre la ville et le reste de la région, la propagation du virus a été facilitée par les va-et-vient incessants des individus. Résultat: Près de la moitié du bilan national est enregistré dans cette région, essentiellement dans la ville de Casablanca et sa banlieue.

Et par conséquent, le gouvernement et les autorités locales devaient impérativement entrer en action pour stopper l'hémorragie. La ville de Casablanca a fait l'objet de mesures restrictives les plus dures et pour la plus longue période au niveau national.

Tout compte fait, l'attachement à la vie, face à la mort semée par le nouveau coronavirus, fait que la population vaque "normalement" à ses occupations en investissant différents espaces publics de la capitale économique dans le dessein de vaincre la pandémie.

Les principales artères et les souks sont largement fréquentés, depuis des mois, par la population, dans le respect, en partie, des mesures préventives fixées par les autorités compétentes. Néanmoins, des individus peu scrupuleux ne s'en soucient guère, l'une des autres raisons du nombre élevé des personnes infectées.

En résumé, l'histoire de Casablanca avec le nouveau coronavirus est semblable à la lutte éternelle entre la vie et la mort. En dépit de toute l'adversité de la crise et de l'anormalité de la situation, les habitants de la métropole, avec des différents degrés de conscience et de responsabilité, n'ont pas cédé à l'abattement et au désespoir.

Tourner son mal en patience, en attendant des jours meilleurs, tel est le nouveau credo des Casablancais, qui ont payé un lourd tribut en vies humaines et en pertes économiques. La métropole saura, comme d'habitude, renaître de ses cendres, peut-être d'ici quelques mois.