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MAP - le Samedi 16 Octobre 2021 à 15:38 |

Cinq questions à la présidente du Conseil régional de Guelmim-Oued Noun, Mbarka Bouaida


           


La présidente du Conseil régional de Guelmim-Oued Noun, Mbarka Bouaida, met en lumière, dans un entretien à la MAP, le programme d’action du conseil et les priorités, contraintes et défis les plus importants en vue d’accompagner les grands chantiers dans la région.

1- Comment sera gérée la prochaine étape au regard des grands enjeux socio-économiques ?
La gestion de cette étape marquante et primordiale de l’Histoire du Maroc se fera à la lumière de plusieurs facteurs. De fait, les récentes élections, qui ont été couronnées de succès selon toutes les normes nationales et interantionales, ont abouti à l’émergence de nouvelles élites politiques et à la formation d’une alliance gouvernementale forte et efficace.
Ces éléments sont des indicateurs qui faciliteront notre action en tant qu’institutions élues au niveau régional afin d’accélérer le rythme de croissance de la région.
Il existe une forte volonté de toutes les composantes du conseil afin d’aller de l’avant dans la mise en œuvre de son programme. Force est de constater qu’il y a une convergence entre les programmes des partis représentés au conseil, en plus d’avoir une majorité homogène qui vise à développer la région et répondre aux attentes des citoyens.
Le programme du conseil régional pour les années à venir découle du plan de développement régional approuvé par le conseil en 2019 et comprend des axes majeurs qui répondent aux attentes de la population et s’appuie sur une vision stratégique.
Lors du précédent mandat du Conseil, nous avons approuvé, durant la session de juillet dernier, le contrat-programme entre l’État et la Région (2021-2023) issu du schéma régional de développement, pour lequel une enveloppe budgétaire de plus de 5 milliards de dirhams a été allouée.
Le Conseil œuvrera à la mise en application de ce contrat-programme, qui est l’une des priorités les plus pressantes, et à résoudre les problèmes que connait la région à travers la mise en œuvre des axes de ce contrat-programme, notamment l’attractivité économique.
Il s’agit d’accélérer le rythme de réalisation de projets phares structurants, de stimuler les petites, moyennes et grandes entreprises et de rendre le territoire de la région plus attractif pour les investisseurs à la faveur de la création de zones d’activités économiques, de zones logistiques, de la promotion de la couverture numérique, ainsi que de l’achèvement du projet de la voie express.
Le conseil travaillera également, avec les secteurs économiques et productifs, afin de développer l’agriculture, l’agro- alimentaire, la pêche, l’aquaculture, le tourisme littoral et écologique.

2- La mise en application du modèle de développement et de la régionalisation avancée reste l’un des paris de taille devant le conseil, comment seront-ils concrétisés dans la pratique?
Les trois régions des provinces du sud, dont Guelmim-Oued Noun, ont entamé depuis 2016 la mise en œuvre du nouveau modèle de développement en signant plusieurs conventions devant Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Grâce à ce modèle, 11 milliards de dirhams ont été alloués au programme de développement intégré de Guelmim-Oued Noun.
Au cours du mandat précédent, le Conseil s’est engagé à la concrétisation de ce programme à travers la réalisation de plusieurs projets.
S’agissant de la mise en œuvre effective de la régionalisation avancée, il existe une forte volonté, tant au niveau de l’Etat que des institutions élues, pour la réussite de ce chantier royal stratégique.
Il importe de souligner que les Régions jouent un rôle clés dans la concrétisation du nouveau modèle de développement, qui a été élaboré après des concertations locales et régionales.

3 – Face aux multiples contraintes dont fait face la région, quelles seront les priorités du Conseil?
Les priorités sont économiques et sociales par excellence. En effet, l’enjeu économique revêt une importance particulière, car le taux de chômage à Guelmim-Oued Noun est le plus élevé à l’échelle nationale et le secteur privé reste quasi absent, en plus du manque d’exploitation d’immenses atouts dont regorge la région.
Ainsi, les composantes du Conseil font le pari de créer des opportunités d’emploi pour les jeunes de la région, de les orienter vers des filières qui leur permettront d’accéder le marché du travail, en plus d’aménager des zones industrielles pour attirer les investisseurs.
Le deuxième pari est social. Le conseil œuvrera ainsi à la promotion du secteur de la santé, ainsi qu’à l’accélération du rythme de réalisation des projets liés à l’enseignement supérieur.

4- Quels sont les chantiers que le conseil compte accompagner leur mise en œuvre?
Le conseil compte accompagner tous les projets phares de la région avec des mécanismes multiples. Il y a des projets dans lesquels le conseil est partenaire dans le financement et la réalisation, mais il y a d’autres dans lesquels notre rôle se limite au financement avec la possibilité de suivi. Le conseil entend en outre activer l’action de l’agence régionale pour la mise en œuvre des projets, car il s’agit de l’organe exécutif du conseil.

5- Quels sont les dossiers les plus importants sur la table du conseil ?
A coup sûr, il y a des dossiers majeurs qui devraient être traités dans les plus brefs délais, dont un projet d’aménagement de la station thermale Abaynou (Guelmim). C’est un grand projet puisqu’il n’est pas seulement lié à la création d’une unité hôtelière, mais intègre plutôt une vision de la renaissance de cette station sous une forme moderne qui s’adapte à l’orientation écologique.
Le conseil œuvrera également à la réalisation de la zone d’activités économiques à El Ouatia (province de Tan-Tan), qui s’étend sur une superficie de 65 hectares.
Il s’agit aussi de concrétiser le projet de création d’une société de développement régional pour la préservation et la valorisation du patrimoine matériel et immatériel de la région pour un montant de 19 millions de dirhams.
Ce projet, qui s’inscrit dans le cadre du contrat-programme, jouera un rôle structurant et encadrant des affaires culturelles de la région.