Menu
              
MAPBUSINESS - Yosra Bougarba | Publié ici le Vendredi 4 Mars 2022

Fatima-Zohra Alaoui: l’ambition de faire du Maroc le référentiel





Faire du Maroc la plateforme de référence d’un textile durable et compétitif à l’échelle continentale, telle est l’ambition de Fatima-Zohra Alaoui, Directrice générale de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH), dans le sillage de la nouvelle vision baptisée « DAYEM Morocco ».
Persévérante, empathique et aventureuse, Fatima-Zohra Alaoui « a besoin que son travail soit porteur de sens, de valeur ajoutée » et aie un impact économique et social fort, comme c’est le cas pour le secteur du textile-habillement, premier employeur au Maroc.
« Je suis quelqu’un qui a besoin de challenges. Et Dieu seul sait que dans le secteur dans lequel j’évolue, ce ne sont pas les challenges qui manquent, surtout depuis le début de la crise du Covid-19 », a-t-elle lancé dans un entretien accordé à la MAP, à l’occasion de la Journée internationale des femmes.
Mme Alaoui, qui a rejoint l’AMITH en novembre 2016 en tant que directrice de la structure d’animation des écosystèmes textile, ne cache pas sa fierté d’avoir la possibilité de mettre en place et de mener au quotidien des chantiers qui peuvent avoir une vraie incidence sur les entreprises de textile et les centaines de milliers de collaborateurs qui y travaillent.
Trois ans après, Mme Alaoui a été nommée à la direction générale de l’Association. Et ce n’est guère le fruit du hasard, mais grâce à ses qualités professionnelles indiscutables, son expérience riche et diversifiée, ainsi que sa détermination.
Bien avant l’intégration au monde professionnel, tout a commencé pour Mme Alaoui par un baccalauréat scientifique, avant de décrocher, à l’âge de 20 ans, un Bachelor en Business Administration à la prestigieuse Université Al Akhawayn.
« Étant encore trop jeune pour intégrer le marché du travail, selon certains recruteurs, j’ai décidé de poursuivre mes études », a-t-elle dit.
Mme Alaoui a, par la suite, obtenu son Master Business Administration (MBA) à Al Akhawayn en décembre 2002, pour aller après au Royaume-Uni où elle a décroché un diplôme d’études approfondies (DEA) en Commerce International à l’Université de Lancaster.
Elle a ensuite poursuivi ses études en troisième cycle en Économie, dans la même université, couronnées par l’obtention de son doctorat en février 2005, a-t-elle raconté avec un air nostalgique.
« Au terme de mes études doctorales, je suis rentrée au Maroc avec en tête d’enseigner à l’université. Le destin en a décidé autrement. J’ai d’abord intégré en 2005, le Centre de Veille Stratégique, entité nouvellement créée par l’ancien Premier ministre, Driss Jettou. C’était le début de l’intelligence économique au Maroc », a-t-elle renchéri.
Et d’ajouter que dans la continuité, elle a rejoint la BMCE dans le cadre de la transformation de leur département des études en Centre d’Intelligence Économique.
Ressentant le besoin d’élargir son horizon, Mme Alaoui a décidé de s’orienter vers le conseil stratégique aux entreprises, d’abord en cabinet de conseil, puis au sein d’une holding marocaine.
Puis l’opportunité d’intégrer l’AMITH s’est présentée, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’accélération industrielle pour le secteur du textile.
Aujourd’hui, Mme Alaoui connaît le domaine comme le creux de sa main. Elle détient l’art de transporter l’auditoire vers d’autres pays à travers le portail du textile et de l’habillement, grâce à sa maîtrise de l’art de narrer, son charisme et sa capacité de jongler entre trois langues: l’arabe, le français et l’anglais.
Déterminée, confiante en elle et forte de personnalité, Mme Alaoui sait ce qu’elle veut et se donne les moyens de l’atteindre. Pour elle, abandonner n’est pas une option.
Concernant son style de management, elle a soulevé avec son sourire affable, qu’elle adopte un style collaboratif où le rang hiérarchique n’a pas beaucoup d’importance, mais où le travail en équipe est privilégié. A ses yeux, ce qui compte c’est le partage et l’implication de tous.
Elle considère que tout un chacun, indépendamment de sa fonction ou de son rang hiérarchique, a une valeur ajoutée à apporter si on lui assure un environnement de travail favorable où il/elle se sent en confiance pour s’exprimer et s’épanouir.
Et de soutenir qu’elle demande, en revanche, à ses collaborateurs une obligation de résultats et non de moyens. « Je suis très exigeante, en particulier avec moi-même. Je considère donc que chacun est responsable des tâches qui lui sont assignées, et qu’il/elle ne doit ménager aucun effort pour les mener à bout », a-t-elle dit.
Et bien sûr étant donné la multitude de partenaires et de membres de l’AMITH et la présence que l’entité tient à assurer dans les instances qui peuvent à la fois apporter de la visibilité au secteur du textile et lui permettre de faire entendre sa voix autant à l’échelle nationale qu’internationale, tenir les rênes signifie des imprévus et des urgences à gérer malgré une planification en avance, ce qui pourrait être source de stress.
La DG de l’AMITH a d’abord confié qu’une bonne dose de caféine tout au long de la journée lui permettait de bien gérer son stress. Puis sur un ton plus sérieux, elle a indiqué qu’elle considère « globalement le stress comme un bon stimulant ».
« J’arrive à bien le gérer, jusqu’à ce je sente qu’il commence à réduire mon efficacité. Là, je décroche pour quelques jours, le temps de vider mon cerveau et de recharger mes batteries », a-t-elle dit.
Tandis que certaines personnes entreprennent des activités de loisirs dans leur temps libre, pour se ressourcer et retrouver leur équilibre, Mme Alaoui préfère voyager et faire découvrir de nouvelles choses à ses enfants. « Je suis une personne orientée famille. Je consacre donc mon temps libre en priorité à mes enfants, essayant autant que possible de partager leurs activités », a-t-elle ajouté.