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AFP - le Vendredi 12 Novembre 2021 à 12:27 |

La Libye depuis la chute de Kadhafi: une décennie de chaos


           

La Libye, au coeur d'une conférence internationale vendredi à Paris, est engagée dans un processus politique parrainé par l'ONU visant à mettre fin à la décennie de chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.


En février 2011, dans le sillage du Printemps arabe, une contestation violemment réprimée débute à Benghazi (est), avant de s'étendre. En mars, une coalition emmenée par Washington, Paris et Londres lance une offensive après un feu vert de l'ONU.

Le 20 octobre, Kadhafi est tué dans le dernier assaut rebelle contre sa région d'origine, Syrte.

Trois jours plus tard, le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, proclame la "libération totale" du pays.


Le 7 juillet 2012, les Libyens élisent la première Assemblée nationale, un scrutin émaillé d'actes de sabotage et de violences dans l'Est.

Un mois plus tard, le CNT remet ses pouvoirs au Congrès général national (CGN, Parlement).


Après une attaque contre le consulat américain à Benghazi, qui a coûté la vie à l'ambassadeur américain Christopher Stevens, en septembre 2012, et un attentat contre l'ambassade de France à Tripoli (ouest), en avril 2013, la plupart des missions diplomatiques étrangères ferment.

Les travailleurs étrangers et les représentations diplomatiques sont la cible d'attaques et d'enlèvements par des milices armées ou des groupes jihadistes.


En juin 2014, après de nouvelles élections, le Congrès général national, dominé par les islamistes et de plus en plus contesté, est remplacé par un Parlement contrôlé par les anti-islamistes.

Mais fin août, après des semaines de combats meurtriers, une coalition de milices, en majorité islamistes, s'empare de Tripoli. Elle rétablit le CGN et installe un gouvernement.

Le gouvernement en place jusque-là et le Parlement tout juste élu s'exilent dans l'Est. Le pays se retrouve avec deux gouvernements et deux Parlements.

Fin 2015, des représentants de la société civile et des députés signent au Maroc un accord parrainé par l'ONU. Un Gouvernement d'union nationale (GNA) est proclamé.

Son chef, Fayez al-Sarraj, s'installe à Tripoli en mars 2016, mais dans l'Est, le cabinet parallèle, soutenu par l'homme fort de l'Est Khalifa Haftar, et le Parlement rejettent le GNA.


En juillet 2017, Haftar annonce la "libération totale" de Benghazi des jihadistes.

En juin 2018, ses forces s'emparent de Derna, bastion des islamistes radicaux et seule ville de l'Est qui échappait à son contrôle.

Début 2019, elles prennent Sebha, chef-lieu du Sud désertique et al-Charara, énorme champ pétrolier.

Le 4 avril, elles lancent une offensive visant à s'emparer de Tripoli.

En juin 2020, les forces du GNA, aidées par la Turquie, reprennent l'ensemble de l'Ouest, en chassant les combattants de Haftar, soutenu notamment par la Russie, l'Egypte et les Emirats arabes unis.


Le 23 octobre, les camps en conflit signent un cessez-le-feu sous l'égide de l'ONU.

Le 13 novembre, 75 délégués libyens réunis en Tunisie s'entendent sur la tenue "d'élections nationales" en décembre 2021.

Le 5 février 2021, ils désignent l'ingénieur et homme d'affaires Abdel Hamid Dbeibah Premier ministre intérimaire, au côté d'un Conseil présidentiel de trois membres.

Le 10 mars, le gouvernement de transition obtient la confiance du Parlement. Il remplace le GNA et le cabinet dans l'Est.

Mais de profondes divisions subsistent entre les deux camps. Sans oublier le problème des quelque 20.000 mercenaires et combattants étrangers présents en Libye.


Le 22 septembre, Khalifa Haftar gèle ses fonctions militaires en vue de la présidentielle.

Le 4 octobre, le Parlement installé dans l'Est adopte la loi gouvernant les législatives, un peu plus de trois semaines après la ratification sans vote du texte encadrant la présidentielle, taillé sur mesure pour Haftar. Le Haut conseil d'Etat, instance faisant office de Sénat et basée à Tripoli, conteste les deux lois.

Le 5, le calendrier du scrutin est modifié: la présidentielle est maintenue le 24 décembre, mais les législatives prévues le même jour sont repoussées d'un mois.

Le 8 novembre, ouverture du dépôt des candidatures pour les élections.