Le Maroc consolide sa position au sein de l'Union Africaine

Publié le Mardi 30 Janvier 2018 à 20:46 | mondafrique



Un an après son retour au sein de l'Union africaine, le Maroc a remporté une victoire historique en devenant, pour deux années, l'un des quinze membres du Conseil Paix et Sécurité ( CPS) de l'organisation continentale.
Le 26 janvier 2018, la candidature marocaine, unique candidature pour l'Afrique du Nord après le retrait tactique de l'Algérie, a obtenu 39 voix sur 55, soit plus des deux tiers, exigibles pour être élu. Au CPS, le Maroc ne manquera pas de contrebalancer l'influence qu'exerçait jusqu'alors l'Algérie, qui reste membre du CPS, désormais  avec un mandat de trois ans, réservé à cinq des quinze États du CPS. Avec son diplomate Smaïl Chergui, président du CPS, depuis 2013 et jusqu'en 2021, l'Algérie n'a pu empêcher sinon retarder le succès marocain.

L'entrée du Maroc dans le stratégique CPS constitue le couronnement de l'offensive diplomatique menée par le Royaume chérifien depuis plusieurs années avec l'intense implication personnelle du Roi Mohamed VI, confirmant le rôle diplomatique essentiel que jouent personnellement certains chefs de l'Etat africains dans les relations internationales.
 
Le Maroc renforcé
En arrière-plan de la candidature du Maroc, la question du Sahara occidental est ouvertement posée. Désormais, plus des deux tiers des Etats africains s'accommodent de la position marocaine. Les soutiens à la RASD sont de plus en plus discrets comme les observateurs avaient déjà pu le constater, lors du Sommet Ua-Ue d'Abidjan les 29 et 30 novembre 2017.

Sur les quinze membres du CPS, une dizaine d'États ont des relations fructueuses et amicales  avec le Maroc dans les domaines économique et financier voire dans la coopération militaire. Avec les changements intervenu au sommet de l'Etat, l'Angola et le Zimbabwe ont sensiblement réduit leur opposition au royaume chérifien sur la question saharienne tandis que l'Afrique du sud a pris le chemin de la realpolitik. La mission de médiation sur la question du Sahara occidental que le CPS avait confié, en 2014, à l'ancien président mozambicain, Joachim Chissano, pourrait bientôt prendre fin. L'envoyé spécial de l'Union africaine, dont la partialité envers la RASD est dénoncée par le Maroc, sera désormais fragilisé au sein du CPS.

Dans les domaines concernant la question migratoire dont le leadership est confié au Maroc, la prévention des conflits, la lutte contre le terrorisme, les opérations de maintien de la paix, notamment de l'Onu dans lesquelles les forces armées marocaines sont présentes en Centrafrique et en RDC, la forte implication du Maroc va donner une nouvelle impulsion au CPS qui était jusqu'à présent peu efficace dans ses missions. Au delà du CPS, c'est l'Union africaine qui va profiter de la présence du Maroc pour mieux conjuguer la sécurité avec le développement et conforter son rôle de médiation dans les crises africaines.
 
 
 
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