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MAP | Publié ici le Samedi 7 Mai 2022

Marche blanche à Bruxelles en commémoration du 20è anniversaire de l’assassinat raciste de Habiba et Ahmed Isnasni





Une marche blanche pour la mémoire et la paix s’est déroulée, samedi au quartier de Schaerbeek à Bruxelles, en commémoration du 20ème anniversaire de l’assassinat raciste du couple d’origine marocaine Habiba et Ahmed Isnasni par un voisin activiste de l'extrême droite.

Cette commémoration, organisée à l’initiative de '’Habiba Ahmed Foundation’’ (HAF), a été marquée par la participation de la princesse Esméralda de Belgique, d’acteurs de la société civile, de personnalités politiques et de citoyens de diverses origines.

Sous les yeux de Kenza (39 ans), la fille ainée de Habiba et Ahmed, qui se bat pour raviver la mémoire de ses parents, pour que leur histoire ne tombe pas dans l’oubli et pour interpeller la société sur le fléau du racisme, le cortège a sillonné le quartier, avant de se rassembler au parc Josaphat où s'étaient déroulées les funérailles à l'époque. Des étoffes blanches ont été attachées sur les façades des maisons et des gerbes de fleurs déposées.

Dans une allocution lors de cette cérémonie commémorative, l’ambassadeur du Maroc en Belgique, Mohamed Ameur, a souligné que le drame qui a frappé la famille Isnasni a non seulement secoué la commune de Schaerbeek et la Belgique entière, mais a également provoqué une vive émotion au Maroc.

‘’Au lendemain de ce triste événement, SM le Roi Mohammed VI a tenu à accueillir la famille des défunts et à leur exprimer ses condoléances, et a donné ses instructions à la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’Etranger afin de leur apporter soutien et assistance’’, a rappelé M. Ameur.

La tragédie, qui a frappé la famille des défunts Habiba et Ahmed, a marqué les esprits par sa violence et a soulevé une problématique qui touche malheureusement beaucoup de gens dans leur vie quotidienne, a-t-il souligné, notant que ‘’le racisme, sous toutes ses formes, est un véritable fléau qui dresse les hommes les uns contre les autres et stigmatise la culture de l’autre, faisant des victimes innocentes comme Habiba et Ahmed’’.

‘’Dans un monde où le repli sur soi est de plus en plus présent et où les amalgames sont devenus monnaie courante, il est primordial de rappeler les ravages causés par ce fléau et d’honorer la mémoire de ses victimes, afin que les générations futures se souviennent et unissent leurs efforts pour construire un monde meilleur où toutes les communautés cohabitent dans la paix et l’harmonie et s’enrichissent mutuellement’’, a-t-il ajouté.

Le diplomate marocain a, par ailleurs, souligné que la communauté marocaine en Belgique, forte de plusieurs centaines de milliers de personnes, a contribué de façon remarquable, à travers les différentes générations, à enrichir le paysage humain, social, culturel, économique et politique de la Belgique, relevant que la longue histoire de son pays d’origine, le Maroc, la diversité de ses affluents culturels et civilisationnels, ses références religieuses basées sur la modération, la tolérance et l’ouverture la prédisposent à vivre en harmonie avec son environnement et en symbiose avec les différentes communautés.

‘’L’accueil chaleureux réservé à cette communauté depuis les années 60, les politiques d’intégration initiées par les différents gouvernements et la diversité culturelle qui caractérise la société belge expliquent aujourd’hui toutes les avancées par la migration marocaine dans différents domaines’’, a-t-il conclu.

Créée le 7 mai 2020, La HAF s’active dans la sensibilisation de la population, notamment les jeunes, pour promouvoir les valeurs d’ouverture, de coexistence pacifique, de tolérance et de vivre-ensemble, en tant que paravent face aux comportements de rejet et de haine.

Entre autres initiatives, elle milite pour qu’une partie de la rue où le drame avait eu lieu porte symboliquement le nom des victimes de ce crime xénophobe du 7 mai 2002.

Selon elle, commémorer Habiba et Ahmed, c’est commémorer deux parents, une histoire commune qui s’inscrit dans une mémoire collective schaerbeekoise et belge, plus largement, dont la vision se veut être un vecteur de transmission, de dialogue et de paix entre toutes les composantes de la sociét