Marocafrik : Bulletin d'information maroco-africain
           

Reprise des heurts entre manifestants et forces de l'ordre en Kabylie

Publié le Vendredi 3 Septembre 2021 | MAP



​Alger - Des heurts entre les forces de l’ordre algériennes et des manifestants ont repris jeudi dans la ville de Kherrata à l’extrême est de Béjaïa en Kabylie au lendemain de la répression d’un rassemblement de soutien aux détenus d’opinion.


"Reprise des émeutes à Kherrata", a fait savoir le vice-président de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme (LADDH), Saïd Salhi dans un post sur son compte "facebook".

Il a rappelé que "Kherrata est le symbole du Hirak pacifique", soulignant que le pacifisme et la solidarité resteront "nos seules réponses à la répression et à l’arbitraire".

"La répression ne fait que se poursuivre", a dénoncé ce militant des droits de l’Homme, relevant qu’à ce jour, 182 prisonniers d'opinion, dont 04 femmes, dans 32 wilayas croupissent dans les prisons et plus de 2000 citoyens sont poursuivis dans la plupart des wilayas du pays de tous les horizons et opinions.

"La liste s'allonge, la répression s'intensifie", a regretté M. Salhi.

Mercredi, des escarmouches ont eu lieu dans la ville de Kherrata entre des manifestants et les forces antiémeutes qui se sont échangés des jets de pierre et de gaz lacrymogènes, rapportent des sources locales.

Quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés sur la place de "la Liberté", baptisée par la population place du "16 Février 2019", pour marcher en continuité du mouvement populaire, qui a repris samedi dernier après une seconde éclipse pour cause de la pandémie.

Contrairement à la dernière marche qui s’est déroulée dans le calme, la police s’est déployée, en nombre, à travers certains endroits du centre-ville, notamment autour de la place de la Liberté, pour empêcher l’action du jour.

Elle a procédé à plusieurs arrestations parmi, notamment les militants du mouvement, selon les mêmes sources locales.

En plus des traditionnels slogans du Hirak réclamant toujours "le changement radical du système" et "l’instauration d’un Etat civil et non militaire", les manifestants étaient sortis pour dénoncer les arrestations qui ciblent encore des activistes du mouvement et crier leur solidarité envers les détenus d’opinion.

La ville de Kherrata a connu la première grande marche du Hirak, le 16 février 2019. Cette marche, qui a été suivie de celle d’Alger le 22 février, a contraint le président algérien Abdelaziz Bouteflika de quitter le pouvoir après 20 ans de règne sans partage.