Revue de la presse quotidienne internationale africaine

MAP - Publié le Lundi 7 Juin 2021 à 11:46



​Dakar - Le débat autour des listes électorales au Sénégal, la démission du maire de Libreville, la contribution de la diaspora au développement de l'Ethiopie, les relations entre Kigali et Pretoria, le projet d'amendement de la Constitution au Kenya et les allégations de corruption contre le ministre de la santé en Afrique du Sud sont les principaux sujets abordés par la presse africaine parue lundi.


Au Sénégal, le débat autour des listes électorales pour les prochaines joutes locales, domine les titres à la Une de la presse locale.

Sous le titre « L'équation des listes parallèles », +WalfQuotidien+ se penche sur les rivalités à ce sujet au sein de la coalition de la majorité « Benno Bokk Yaakaar » (BBY).

Partout, les rivalités entre principalement les ténors du parti du président Macky Sall, l'Alliance pour la République (APR), sont tenaces, écrit la publication citant notamment les cas dans les villes de Kaolack, Kolda et Zéguinchor, où le chef de la coalition BBY « devra s’armer d’une main de fer pour imposer son autorité et éviter les listes parallèles synonymes de vote sanction et de défaite ».

Sur le même registre, +Les Echos+ publie une réaction d’Adama Faye, responsable politique de l’APR dans le Grand-Yoff à Dakar, déclarant sa candidature aux prochaines locales de janvier 2022 dans sa commune. « Il va s’en dire que si je ne bénéficie pas de l’accord de mon parti ou plutôt je dirais de votre décision, je présenterai une liste parallèle et concurrente », souligne-t-il en s’adressant au président Macky Sall.

Dénonçant les directives du président Macky Sall, patron de l’APR et de BBY, qui a donné l’ordre à ses lieutenants d’attendre son coup d’envoi en perspectives des élections locales, Adama Faye a clairement fait savoir au président que « trop de pouvoir tue le pouvoir », écrit la +Tribune+ à ce sujet.

Au Gabon, +l'Union+ s’intéresse à la démission du maire de Libreville. Titrant "Eugène MBA : Pourquoi il part", il écrit que coup de tonnerre au-dessus de l’Hôtel de ville de Libreville, expliquant que cinq mois après son élection comme maire de la capitale, Eugène Mba est, au terme d’une lettre de démission datant du 26 mai, déjà sur le départ, victime de sa gestion administrative et financière et, peut-être aussi, des luttes de pouvoir.

Et d’ajouter qu’une session extraordinaire du conseil municipal est convoqué le 17 juin pour acter ce départ avant de pourvoir à son remplacement.

Sur le même sujet, +Gabon Matin+ titre "Mairie de Libreville : l’instabilité". Il indique que Libreville devrait connaître son nouveau maire, le 17 juin, au terme des travaux du conseil municipal extraordinaire projetée.

La publication ajoute que Eugène Mba, en poste il y a seulement un plus de cinq mois, aurait renoncé à ses fonctions, notant que cette décision suscite, d’ores et déjà, des supputations dans l’opinion et dévoile l’instabilité chronique qui hante désormais la plus grande mairie du Gabon.

En Côte d'Ivoire, "Abidjan Net" rapporte que 250 filiales françaises sont installées en Côte d’Ivoire et 600 entreprises dirigées par des Français, selon le ministre français délégué au Commerce extérieur et à l’attractivité, Franck Riester, qui était en visite à Abidjan.

A l’occasion d’un mini Forum économique ivoiro-français, tenu au siège du Patronat ivoirien, M. Riester déclaré qu'en dépit d’un partenariat commercial « très important » avec le pays « il faut qu’on aille plus loin, avec davantage d’échanges commerciaux, à commencer par davantage d’exportations ivoiriennes vers la France ».

Côté sport, "Le Jour Plus" fait savoir que la Côte d’Ivoire a battu le Burkina Faso sur le score nul de (2-1), samedi au stade olympique Alassane Ouattara, en match amical comptant pour les préparatifs de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de 2022 au Cameroun et des éliminatoires de la Coupe du monde de Qatar de 2022.

S’agissant de cette trêve internationale, écrit le journal, les Eléphants ivoiriens en découdront le 12 juin avec les Black Stars du Ghana.

En Ethiopie, +THE ETHIOPIAN HERALD+ écrit que les éthiopiens de la diaspora ont participé massivement au développement de leur pays et en défendant ses intérêts sur la scène internationale au cours de l'année en cours.

Citant la directrice générale de l'Agence éthiopienne de la diaspora, Selamawit Dawit, le journal relève que la communauté éthiopienne à l'étranger a contribué avec 136 millions birrs pour l’achèvement de la construction du grand barrage la Renaissance au cours des neuf derniers mois.

Les éthiopiens de la diaspora ont également œuvré pour la défense de la position de principe de l'Ethiopie dans l'utilisation équitable des eaux du Nil, ajoute le journal.

De son côté, +FANA BC+ revient sur l’inauguration par le Premier ministre Abiy Ahmed d’une grande usine de sucre à Tana Beles dans l’Etat régional d’Amhara avec une capacité de production de 12 000 tonnes de sucre par jour, soit 2,3 millions tonnes par an.

L'usine, dont la construction a nécessité un coût global de 19 milliards de birr, devra mieux répondre à la demande croissante de sucre dans le pays et créer davantage d'emplois pour les citoyens, souligne le média.

Au Rwanda, le quotidien +The New Times+ focalise son attention sur les relations entre Kigali et Pretoria, indiquant que les deux pays ont exprimé leur détermination à normaliser les relations diplomatiques bilatérales, qui ont été affectées par une série de tensions depuis 2013.

Lors d'un entretien qui a réuni, ce week-end, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Vincent Biruta, et son homologue sud-africain, Naledi Pandor, les deux parties ont convenu de prendre des « actions et mesures mutuelles » en vue de soutenir le processus de normalisation.

Citant un communiqué conjoint publié par le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, la publication souligne que "les deux pays sont appelés à valoriser et à respecter les réglementations internationales régissant les relations entre les pays, notamment l'intégrité territoriale et la souveraineté nationale".

Le média rappelle que les autorités sud-africaines avaient mis en place, depuis 2014, une politique de visa visant à empêcher les Rwandais, notamment les étudiants, à se rendre en Afrique du Sud.

Au Kenya, "Kenyans.co" rapporte que l'avocat de la ville, Morara Omoke, a déposé une demande auprès de la Cour d'appel pour obliger le président Uhuru Kenyatta à rembourser personnellement au Trésor national tout l'argent dépensé pour son projet de loi d'amendement de la Constitution du Kenya 2020.

Selon le journal, Me Omoke a affirmé que le président avait illégalement alloué des fonds publics pour promouvoir le projet Building Bridges Initiative (BBI) au milieu de la pandémie de coronavirus.

Le pétitionnaire accuse également le président d'avoir utilisé l'argent des contribuables pour influencer la décision des membres des assemblées de comté d'adopter le nouveau projet de loi.

Me Omoke a fait part de ses inquiétudes concernant le prétendu non-respect des règles de Covid-19 lors des rassemblements organisés par le président et le chef de l'opposition Raila Odinga pour promouvoir le projet BBI. Selon l'avocat, il s'agissait d'une violation de l'article 43 de la Constitution, souligne la publication.

En Afrique du Sud, les journaux reviennent sur les derniers développements de l'affaire de corruption impliquant le ministre de la Santé, Zweli Mkhize.

Ainsi +The Citizen+, indique qu'au milieu de la pression croissante exercée sur M. Mkhize à la suite du contrat controversé de 150 millions de rands que son département a accordé à une société appartenant à ses proches collaborateurs, sa décision de ne pas comparaître devant le Comité d'intégrité du parti du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) a également suscité de vives critiques.

Le comité a exprimé sa surprise que M. Mkhize n'a pas encore apporté son témoignage sur cette affaire, alors qu'il avait fait partie de l'équipe qui a rédigé les règlements du comité, précise le journal, regrettant que le ministre ne se conforme pas aux règles qu'il avait lui même élaborées.

Pour sa part, +City Press+ indique que M. Mkhize est depuis plusieurs semaines sous le feu des projecteurs dans le cadre d'un scandale de corruption lié à un marché public attribué à une société dans le sillage de la pandémie de la Covid-19.

Le président Cyril Ramaphosa a été lui aussi critiqué pour sa réticence à s'exprimer sur la question, précise le quotidien, notant que le chef d'Etat ne prévoit pas de prendre de décision sur cette affaire avant que l'Unité spéciale d'enquête ne rende son rapport.

Il souligne, par ailleurs, que M. Mkhize a nié avoir personnellement profité de ce contrat, affirmant qu'il avait simplement signé des appels d'offres et ne considérait pas que la présence de deux de ses anciens collaborateurs à la tête de la société constituait un conflit d'intérêts.