Marocafrik : Bulletin d'information maroco-africain

Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine du 20/09/2021


MAP - le Lundi 20 Septembre 2021 à 11:22 |

           

​Tunis - Les derniers développements politiques en Tunisie, la répression des activistes des droits de l'Homme en Algérie et l'instauration prochaine du permis de travail pour les étrangers installés en Mauritanie sont les principaux sujets abordés lundi par la presse maghrébine.


Dans son éditorial intitulé "Une seule voie, un seul salut", "La presse de Tunisie" fait observer que les deux manifestations qui se sont déroulées samedi dernier à l'avenue Habib-Bourguiba au centre de Tunis n'étaient pas imposantes, que ce soit pour les pourfendeurs des mesures du 25 juillet ou pour ceux qui les soutiennent.

De part et d'autre, le mot d'ordre n'était pas mobilisateur ou ne retenait plus l'attention des Tunisiens, ajoute-t-il, notant que la voix des protagonistes de la première manifestation contre le président Kaïs Saïed n'était pas audible et ne faisait aucun effet.

"Aucun charisme parmi les orateurs à même de drainer la foule. C'étaient les mêmes qui se pavanaient de plateau en plateau télé pour exhorter les gens à descendre dans la rue", commente-t-il, relevant que pour les acteurs de la manifestation de soutien à Saïed, le score n'était pas reluisant non plus et ils avaient de la peine à justifier leur présence sur les lieux.

C'est pour dire que le recours à la rue peut donner l'effet contraire s'il n'est pas bien préparé, bien étudié et surtout peu convaincant, estime l'éditorialiste, soutenant que bien que ce premier contact entre les deux camps se soit bien passé, car bien encadré par les forces de sécurité, un second face-à-face pourrait virer à la confrontation tant que des médias étrangers ne font qu'attiser la haine et semer la discorde entre les Tunisiens.

C'est cette envie cynique de diviser les Tunisiens qui risque de prendre de l'ampleur et de se traduire en actes grâce aux millions de dollars qu'ils peuvent faire couler à travers leurs bras associatifs pour "recruter" les affamés et les sans-emploi pour servir de figurants dans ce genre de mobilisation de rue, met-il en garde.

Il estime que les deux camps ne le savent peut-être pas mais ce qui s'est passé le 25 juillet peut être interprété comme une chance ou une crise : Une chance pour remettre le pays à flot ou "une crise qui nous fera sombrer davantage".

De son côté, "Tunis-Hebdo", qui titre "Un pays dans l'urgence", souligne que l'échec de la manifestation prévue par ceux qui accusent le Président de la République "d'avoir fomenté un coup d'Etat ne devrait pas pour autant le rassurer ou le conforter dans sa position actuelle, caractérisée par un attentisme devenu très ennuyeux".

Il fait remarquer que les appels désespérés de certains qui continuent de gigoter dans tous les sens, ainsi que le travail de sape et de manipulation des Islamistes, n'ont pas produit les résultats escomptés.

''Ils n'étaient, en fin de compte, que quelques centaines à venir dénoncer, sans beaucoup de conviction, le -putsch- présumé de Kaïs Saïed", rapporte-t-il, soulignant toutefois que cela ne peut en aucun cas justifier ce "retard" dans la clarification de sa position quant à l'orientation qu'il souhaite donner à la vie politique en Tunisie, plus précisément à l'organisation des pouvoirs publics pour relancer l'activité économique et assurer le développement social.

Il note que si samedi, le fiasco des opposants au président a été cuisant, cela ne signifie pas pour autant qu'ils vont jeter l'éponge ou renoncer à leurs desseins de reprendre l'initiative, dans la mesure où leurs intérêts et leur survie politique sont actuellement sur la balance.

"Au contraire, plus le président Kaïs Saïed tarde à prendre les mesures que l'on attend depuis près de cinquante-six jours, plus l'opposition contre les mesures prises va devenir plus forte", avertit le journal, indiquant que même les ennemis d'hier pourraient devenir les alliés de demain.

Il estime que si le déclenchement de l'article 80 était justifié le 25 juillet, le flou prolongé, au-delà des délais raisonnables, et sans aucune clarté quant à "la feuille de route", pourrait avoir des conséquences désastreuses même sur l'ordre public, certains n'hésiteront probablement pas à user de tous les moyens et de tous les stratagèmes pour parvenir à leur objectif, y compris par la violence.

Il indique qu'aujourd'hui, le président de la République, qui entend assumer pleinement la fonction du chef de l'exécutif, devrait assumer ses responsabilités sur deux plans dont le premier se rapporte aux choix politiques liés au système politique avec tous ses dérivés qui contribuent à son fonctionnement.

Selon l'éditorialiste, ces propositions doivent aussi faire l'objet d'un vaste débat national avant d'être soumises à l'approbation populaire.

Il ajoute que le second concerne les grandes orientations économiques et sociales, rappelant que la situation ne cesse de se dégrader et les indicateurs macro ou micro sont "inquiétants".

En Algérie, "Liberté" écrit que le placement systématique des personnes en détention provisoire, poursuivies pour des délits d'opinion, pose à nouveau la problématique du recours abusif à une mesure dite d’exception.

Mesure exceptionnelle dans la législation, la détention provisoire est progressivement devenue la règle dans le système judiciaire algérien et ce, au grand dam des juristes et militants des droits de l’Homme qui ne cessent de dénoncer des dysfonctionnements d’une justice qui peine à convaincre de son indépendance, dénonce-t-il, notant que les annales judiciaires regorgent de cas de mise en détention préventive pour des délits de gravité discutable.

En 2006, Farouk Ksentini, ancien président de la Commission consultative nationale de promotion et de protection des droits de l’Homme, et avocat que l’on ne peut soupçonner d’antagonisme envers le régime en place, avait admis le recours abusif à la détention provisoire en raison, selon lui, de "dysfonctionnements de la justice", notamment dans l’application de la loi par les magistrats instructeurs, rappelle-t-il.

Selon le journal, cet avocat avait estimé que des infractions d’ordre moyen ne nécessitaient pas le recours à cette mesure privative de liberté et préconisé la mise en place d’une institution séparée du juge d’instruction qui déciderait de la libération ou non du prévenu.

En 2019, chacun de son côté, avocats et magistrats s’étaient alarmés de l’état de la justice et souligné l’importance de l’émancipation de l’appareil judiciaire pour le bien de la démocratie et du droit, poursuit la même source.

Elle ajoute qu'en novembre de la même année, alors que l’ancien ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, n’hésitait pas à recourir à la répression pour mater la rébellion des magistrats à l’intérieur même du palais de justice d’Oran, l’Algérie enregistrait de nombreuses interpellations de hirakistes et leur placement en détention préventive pour avoir brandi l’emblème amazigh, pris part à une marche de protestation ou dénoncé l’organisation annoncée de l’élection présidentielle du 12 décembre.

Elle fait observer que le recours systématique à la détention provisoire avait été dénoncé par les avocats comme un "grave dérapage et une dangereuse violation des droits de l’Homme", ce qui, en l’occurrence, tombait sous le sens si l’on se reporte au code de procédure pénale algérien qui regroupe les textes législatifs relatifs à la procédure pénale.

l'auteur de l'article relève que dans son article 123, le code précise que la détention provisoire est une "mesure exceptionnelle" à laquelle le juge d’instruction ne peut recourir que "si les obligations de contrôle judiciaire sont insuffisantes".

Pour le législateur, explique le quotidien, le mandat de dépôt doit être prononcé uniquement lorsque l’inculpé est poursuivi pour "faits extrêmement graves", qu’il ne dispose pas de domicile fixe et ne présente pas de garanties de représentation devant la justice, lorsque la détention provisoire est l'unique moyen de conserver les preuves ou les indices matériels ou d'empêcher soit une pression sur les témoins ou les victimes, soit une concertation entre inculpés et complices risquant d'entraver la manifestation de la vérité, dans le cas où cette détention serait nécessaire pour protéger l'inculpé, pour mettre fin à l'infraction ou prévenir son renouvellement.

"Aujourd’hui, nous assistons toujours à des interpellations suivies de mise en détention provisoire de citoyens ayant osé critiquer le pouvoir ou la gestion des pouvoirs publics", regrette-t-il.

"C’est la politique du tout-répressif choisie pour faire taire toute voix discordante", s’alarme le journal citant Farid Khemisti, avocat du barreau d’Oran, en dénonçant de graves violations des droits de l’Homme.

Il rappelle que "dans les années 1970 et 1980, nous avions affaire à des magistrats qui appliquent la loi et la détention préventive n’était pas systématique", en situant "le tournant" au milieu des années 1990 avec le scandale des cadres incarcérés qui a vu des milliers de gestionnaires placés derrière les barreaux sous le gouvernement d'Ahmed Ouyahia.

"Depuis cette affaire-là, la détention provisoire a graduellement pris le pas sur la mise en liberté des inculpés", estime la même source en soulignant l’urgence de l’affranchissement de la justice du pouvoir exécutif.

En Mauritanie, le journal "Al Akhbar" fait état de l'instauration prochaine du permis de travail pour les ressortissants étrangers.

D'après le ministre mauritanien de la Fonction publique et du Travail, Camara Saloum Mohamed, cité par le média, le gouvernement va de nouveau exiger le permis de travail qui sera "désormais essentiel pour tout résident travaillant en Mauritanie".

"Ce décret existait depuis 2018, mais malheureusement et, il y avait quelques incompréhensions et une lourdeur juridique. Et il y avait beaucoup de chevauchements entre les administrations", a-t-il rappelé, faisant savoir que les autorités ont "voulu élaborer un texte beaucoup plus clair pour que les choses se passent très bien".




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