Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine du 23/09/2021

Publié le Jeudi 23 Septembre 2021 à 13:09 | MAP


​Tunis - Les derniers développements politiques en Tunisie et l'approbation de plusieurs projets de développement en Mauritanie sont les principaux sujets abordés jeudi par la presse maghrébine.


Sous le titre "Inutiles divisions", "Le Quotidien" écrit que normalement, en ces temps d'incertitude, la réapparition du président Kaïs Saïed alors que l'actualité se bouscule ne peut que rassurer les Tunisiens, mais "ce que nous avons vu et entendu lors du dernier Show présidentiel n'a fait que prolonger le sentiment d'incertitude et de crainte".

"Pourquoi aller à Sidi Bouzid lorsqu'on s'adresse à tout un peuple ?", se demande l'éditorialiste expliquant que certes, c'était l'une des régions où les premiers éclats du soulèvement populaire ont été lancés, mais dans d'autres villes, à l'instar de Thala, il y avait déjà des martyrs avant Mohamed Bouazizi.

Le Président Saïed à Sidi Bouzid a usé de son slogan "Le peuple veut", mais ce même peuple lui a préparé le terrain pour agir et tenir solidement les rênes au Bardo le 25 juillet 2021, commente-t-il, notant que c'est dire que le peuple a partout voulu se débarrasser de ceux qui ont monopolisé le pouvoir pendant une décennie pour détruire tout un pays.

Il fait observer que M. Saïed a "réservé les trois quarts de son show aux règlements de comptes, aux messages codés destinés à ses adversaires et aux énièmes accusations de tentatives d'assassinat sans nous révéler ni noms ni partis".

Pis encore, ce discours a davantage divisé les Tunisiens avec ce triste et inepte jonglage entre le 17 décembre 2010 et le 14 janvier 2011, poursuit-il, s'interrogeant s'il va annoncer un jour férié le 17 décembre pour Sidi Bouzid et un autre, le 14 janvier, pour le reste du pays.

De même, entendre le Président de la République minimiser ce qui s'est passé le 14 janvier 2011 et prétendre que le gigantesque rassemblement populaire à l'avenue Habib Bourguiba à Tunis n'a servi qu'à faire avorter la révolution déclenchée à Sidi Bouzid le 17 décembre 2010 est une "grave atteinte à la bonne volonté des citoyens qui ont daigné défier le dictateur et ses forces armées et à la contribution des composantes de la société civile, l'UGTT en tête, à soutenir ce soulèvement populaire avant de voir d'autres acteurs politiques, de l'intérieur comme de l'extérieur, confisquer cet acquis pour venir s'installer à la tête du pouvoir et imposer aux Tunisiens la loi de ce maudit printemps arabe", estime-t-il.

Il soutient qu'après tout ce qui s'est passé samedi dernier et les tentatives de résistance de la part des forces politiques qui étaient au pouvoir et qui refusent d'abdiquer, "nous nous attendions à une forte réplique de Kaïs Saïed à travers des décisions qui accélèrent le changement, révèlent ses véritables desseins et neutralisent tous ceux qui ont fait du mal à ce pays".

"Ce que le peuple veut, c'est voir ses bourreaux rendre des comptes, ce qui n'est pas encore le cas (..) Ce que veut le peuple, c'est dévoiler la vérité sur les assassinats politiques qui demeurent impunis depuis plus de huit ans, ce que veut le peuple, c'est la mise en application de l'article 168 de la Constitution concernant les partis qui ont eu recours au financement étranger lors des élections législatives et présidentielle de 2019, d'autant plus que le rapport de la Cour des comptes a tout révélé", insiste-t-il.

De son côté, le journal "Le Temps" souligne dans son éditorial intitulé "Un marqueur de notre époque...", qu'il ne suffit pas de vouloir instaurer la démocratie, il faut d'abord se donner les moyens de le faire en veillant à protéger ses fondamentaux avant d'élargir le spectre pour brasser large et exiger, à tous les étages, d'en respecter l'esprit des lois à tous les étages.

Il faut aussi sanctionner lorsque cela s'impose, afin d'éviter qu'il y ait, glissements dangereux et dérives, sachant que lorsque dérives et abus il y a, c'est l'implosion de l'Etat de droit, met-il en garde.

Il rappelle le dernier rapport en date de l'INPT (Instance nationale pour la prévention de la torture), qui fait état de plusieurs dérives sécuritaires, à l'encontre de prévenus, lesquels, bien avant d'échouer dans des cellules surpeuplées, se voient délestées de tous leurs droits humains, bafoués, violentés et humiliés, parfois sans même avoir eu le temps de comprendre, de quels chefs d'accusation ils devaient répondre, ni se prévaloir d'une quelconque autorisation de prévenir leurs proches, ou d'avoir recours à un avocat, afin que leurs droits soient protégés.

Ce n'est un secret pour personne, que, de ce point de vue-là, si des efforts ont été consentis au lendemain des évènements de 2011, la grande réforme, tant attendue, tarde à advenir, regrette-t-il, rappelant que ce que le rapport de l'INPT, établi au mois d'août, ne manque pas de souligner, ce sont "les conditions, tout simplement inhumaines, dans lesquelles est assignée, aujourd'hui comme hier, la population carcérale, laquelle, Covid ou pas Covid, souffre de l'absence de produits d'hygiène de base, et croupit dans un état d'insalubrité, dans lequel il serait même indigne, de consigner des animaux".

Le journal estime que la moindre des choses, lorsque l'on se targue de vouloir établir un Etat de Droit, c'est de veiller à ce que les normes internationales en vigueur, en matière de respect de l'humain dans les prisons, ne soient pas passées à la trappe.

En Mauritanie, la presse locale revient sur la réunion du conseil des ministres de mercredi qui a adopté plusieurs projets de décrets dont l'objectif est l'amélioration des conditions de vie des Mauritaniens.

Parmi ces projets figure celui permettant à la Société "CHINGUITY CIMENT-SA" de mettre en place une unité de production de ciment à Nouakchott pour les besoins du marché national, tout en ayant des répercussions économiques et sociales importantes à travers la création de 50 emplois directs et de 200 emplois indirects, précise-t-on de même source.

Elle ajoute que d'autres projets qui devront créer des centaines de postes d'emploi ont été aussi adoptées, notamment ceux signés avec la Société "SOPAM-SA", spécialisée dans la production de pâtes alimentaires, la Société GHM-SA (hôtellerie) et la Société NAHDA TENMAWIYA-SARL (agro-alimentaire).