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MAP - le Vendredi 24 Septembre 2021 à 13:24 |

Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine du 24/09/2021


           

​Tunis - Les derniers développements politiques en Tunisie et les manœuvres militaires sur les côtes mauritaniennes sont les principaux sujets abordés vendredi par la presse maghrébine.


L'éditorialiste de "La Presse de Tunisie", qui titre "Eviter la fracture", écrit que l'échec de la transition démocratique a compromis le développement économique et social qui pouvait conduire le pays à la faillite et au chaos.

Selon lui, la grogne populaire montante exacerbée par les effets de la pandémie, qui a mis à nu la fragilité d'un système politique exploité au profit des lobbies politiques, économiques et financiers, a signé son arrêt de mort.

Il estime que l'activation de l'article 80 assortie par des mesures exceptionnelles a trouvé un large écho favorable auprès des citoyens qui ont applaudi des deux mains les décisions présidentielles et lui ont demandé d'aller de l'avant.

Il n'empêche, les pressions exercées de part et d'autre pour un "retour rapide à la légalité constitutionnelle" et pour opérer les changements requis par le biais du parlement avaient pour objectif de destituer le président pour violation de la Constitution", détaille-t-il, avertissant qu'il s'agit d'une option plus risquée et non moins dangereuse qui pouvait faire entrer le pays dans une phase de guerre civile.

En promulguant de nouvelles mesures exceptionnelles, le Chef de l'Etat a perdu ses derniers soutiens politiques et s'est exposé ouvertement aux réprimandes de la communauté internationale, soutient-il, faisant savoir que c'est pour dire que la prochaine période sera dure où les trous d'air seront partout.

Dans son éditorial intitulé "Rien ne sera plus comme avant...", "Le Quotidien" écrit dans qu'en détaillant, via un communiqué, les mesures exceptionnelles qu'il avait annoncées lors de son dernier discours à Sidi Bouzid, le président Kaïs Saïed a dégoupillé une véritable bombe qui a ébranlé toute la scène politique nationale.

Bien plus, le communiqué en question a fait l'effet d'un séisme de forte magnitude qui a provoqué l'indignation, la colère et la panique de nombreux partis politiques, commente-t-il, rappelant que tous accusent le chef de |'Etat d'avoir délibérément cherché à accaparer tous les pouvoirs dans le but d'instaurer dans le pays un nouveau régime totalitaire.

Selon l'éditorialiste, le Parti des travailleurs est l'un des premiers à avoir dégainé sur la présidence, rappelant que dans un communiqué, cette formation politique appelle carrément à la résistance face à ce qu'il qualifie de "dictature".

"Qalb Tounès", le parti du magnat de la télévision Nabil Karoui, actuellement détenu en Algérie pour avoir franchi illégalement la frontière, abonde dans le même sens, en considérant que l'annonce présidentielle n'est ni plus ni moins que "l'exécution d'un coup d'Etat contre la légitimité", poursuit la même source.

De leur côté, "Attayar", "Afek Tounès", "Ettakatol" et "Al Joumhouri" estiment que les mesures présidentielles représentent un "coup d'Etat à l'encontre de la Constitution", ajoute la même source, relevant qu'"au moment où le gourou d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, et comme il fallait s'y attendre, a rejeté lui aussi les nouvelles dispositions du chef de l'Etat, quatre autres partis ont créé un Front démocratique afin de mieux coordonner leurs efforts".

Il s'agit, selon le journal, d'"Al Irada" de l'ex-président provisoire Moncef Marzouki, l'UPR de Lotfi Mraïhi, "Al Irada Chaâbia" et le mouvement "Wafa" d'Abderraouf Ayadi.

Il fait observer que la classe politique est en pleine débandade et lance à tout-va des "maydays" et des mises en garde contre le danger que représente la prétendue dictature en gestation que se propose d'installer dans le pays l'actuel locataire du palais de Carthage.

Il soutient qu'après avoir lancé ses missiles "langue portée" mardi dernier à Sidi Bouzid, Saïed engage cette fois-ci dans la bataille et pour de vrai son lance-roquettes qui a littéralement terrorisé ses adversaires politiques et pour cause, les nouvelles mesures signent en effet l'arrêt de mort du système ayant été instauré au lendemain de la Révolution.

Par conséquent, rien ne sera plus comme avant pour de nombreux partis dont certains vont perdre pratiquement toutes leurs plumes alors que d'autres sont carrément condamnés à disparaître, estime-t-il.

Il note que c'est ce qui explique d'ailleurs le mouvement de panique qui s'est emparé de ces partis qui crient aujourd'hui à l'unisson au loup et agitent le risque de voir planer de nouveau sur le pays le spectre d'une nouvelle dictature.

Il se demande : "où étaient ces partis qui prétendaient défendre la démocratie, quand cette même démocratie de façade se faisait violer allègrement et en toute impunité par une horde de délinquants à l'ARP ? Pourquoi n'ont-ils pas pipé un seul mot pour dénoncer les violations de la Constitution et des lois par les partis politiques tout au long de ces dernières années? Pourquoi se sont-ils abstenus de réagir face aux dépassements de toutes sortes qui ont ruiné le pays et tué dans l'œuf les espoirs de tout un peuple?

Sous le titre "Le tragique et le comique", "Le Temps" écrit de son côté que dans ce genre de situations, il serait urgent d'attendre, scruter l'avenir immédiat sans trop se précipiter, sans trop ruer dans les brancards, relevant que dans la confusion générale, les constitutionnalistes sont eux-mêmes divisés.

Il fait-il observer que ces cons dissertent à l'envie, chacun à partir de son angle propre, sur le forme bien plus que sur le fond, estimant que c'est qu'on croyait le Président viscéralement attaché au formalisme.

"Il s'avère, aujourd'hui, que cette constitution n'est, à ses yeux, qu'un simple outil. Un outil qui porte en lui les germes de ses propres -relativités-, les dispositions déglinguées conduisant à sa propre décrépitude", commente-t-il.

"A quoi servirait une constitution si elle n'est pas allègrement violée. Et, surtout, lorsqu'elle prête le flanc à une instrumentalisation éhontée. Mais, au fait, qui, les premiers, ont pris en otage - la meilleure constitution du monde-?" se demande-t-il.

Il fait remarquer qu'en fait, le président Saïed n'a fait qu'exploiter des brèche et, bien avant de se décider à briguer la magistrature suprême, il connaissait bien les failles d'un texte qui se révèle être alambiqué, sinon biscornu.

En Mauritanie, la presse locale revient sur le lancement par l'état-major général des armées des manœuvres communes entre la marine nationale et l’armée de l’air mauritaniennes, appelée "bouclier des côtes."

Selon les mêmes sources, des avions de surveillance et de combat en plus de navires de guerre et des vedettes de combat prennent part à ces manœuvres de deux jours tout au long des côtes mauritaniennes.

Selon l’état-major général des armées cité par ces médias, ces manœuvres sont destinées à préparer et entraîner les forces navales et aériennes, à renforcer leur interopérabilité pour faire face au terrorisme en mer, à rehausser les capacités opérationnelles de la marine nationale et de l’armée de l’air dans le domaine de la sécurité maritime, et développer la coopération opérationnelle entre les deux corps.

Il précise que ces exercices sont destinés à acquérir la capacité de sécuriser et d’exploiter les richesses maritimes du pays et d’assurer le respect des obligations de la Mauritanie à l’endroit de ses partenaires internationaux.