Marocafrik : Bulletin d'information maroco-africain

Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine du du 10/09/2021


MAP - le Vendredi 10 Septembre 2021 à 10:33 |

           

​Tunis - La situation économique en Tunisie, l'explosion du chômage parmi les cadres supérieurs en Algérie et les derniers développements politiques en Mauritanie sont les principaux sujets abordés vendredi par la presse maghrébine.


"Business News" écrit que la situation économique en Tunisie est "très préoccupante".

Il rappelle que depuis 2011, la situation n’était pas florissante, expliquant que la crise du Covid-19 doublée d'une crise politique sans précédent ont envenimé les choses.

Des décisions importantes sont temporisées et le pays est en train de partir à la dérive, risquant de sombrer à tout moment, met-il en garde, notant que les chiffres sont assez éloquents et certains font carrément froid dans le dos.

La publication note que depuis la révolution, la Tunisie n’a pas su redémarrer la machine économique et d’année en année, la situation s’est aggravée, surtout que le secteur privé, locomotive de l’économie nationale, s’est essoufflé et a été malmené par la pandémie, en l’absence de l’Etat et de réelles mesures d'accompagnement.

Cité par le média, le secrétaire général de l'Association nationale des PME, Sofiane Gabsi, a affirmé que "770.000 petites et moyennes entreprises se trouvent aujourd’hui dans une situation périlleuse, 88.000 entreprises sont déclarées en faillite et 54.000 le seront prochainement".

Sachant que le tissu économique du pays est principalement composé de PME, la situation devient préoccupante, regrette-t-il, faisant observer que plusieurs secteurs sont sinistrés, notamment ceux liés au tourisme.

Il relève que selon les chiffres publiés par l’Institut national de la Statistique (INS) et relatifs au produit intérieur brut du deuxième trimestre 2021, les services d'hôtellerie, de café et de restauration ont enregistré une baisse d’activité de 35,2%, les services du transport de 20,9% et dans le secteur de la construction de 17,1%.

La même source rappelle que le niveau d’activité économique demeure inférieur à celui d’avant la crise sanitaire et le PIB en volume reste inférieur de 8% au niveau qui était le sien au quatrième trimestre 2019, soit avant le déclenchement de la pandémie de Covid-19.

Côté emploi, le média fait savoir que le taux de chômage est passé de 16,2% au troisième trimestre 2020 à 17,9% au deuxième trimestre 2021 (1,7 point).

Tout en se référant à des enquêtes réalisées par l’INS au cours des 2ème, 3ème et 4ème trimestres 2019 et publiées en septembre 2020, il fait savoir que 44,8% de la population active, soit 1.598.500 personnes, travaillent dans le circuit informel.

Evoquant le volet investissement, l’auteur de l’article indique que les chiffres avancés par l'Agence de promotion de l'industrie et de l'innovation (APII) et l'Agence de Promotion de l'Investissement Extérieur (FIPA) sont très parlants, avec un décroissement de 14,6% des investissements déclarés dans l'Industrie durant les sept mois 2021 et une baisse des investissements étrangers (IDE et portefeuille) de 7,4% au premier semestre 2020 par rapport à un an auparavant et de 27,1% par rapport à 2019.

Il souligne que même si les indicateurs en ce qui concerne le commerce extérieur paraissent bons avec une baisse du déficit commercial pour les huit premiers mois, en regardant de plus près, on remarque une baisse des exportations, notamment de secteurs porteurs comme celui des industries mécaniques et électriques ou à forte employabilité comme le textile.

La même source indique que les deux secteurs pourvoyeurs de devises (tourisme et export) sont en contraction, estimant que même si pour le moment les avoirs nets en devises sont à 124 jours d'importation, bien au-dessus des 90 jours d'importation, le "seuil de sécurité" en matière de réserves en devise, les prochaines échéances de la dette tunisienne, vont sûrement les mettre à mal.

"Il faut dire que nos finances publiques sont au plus mal. Le déficit attendu serait de l’ordre de 9,7%, soit environ 11,5 milliards de dinars sur la base d’un prix de baril à 67 dollars alors qu’il est actuellement de 70 dollars, ce qui équivaut à une rallonge de quatre milliards de dinars supplémentaires", déplore-t-elle.

Et de préciser que les dettes du pays sont de 22,7 milliards de dinars, alors que les ressources disponibles ne sont que de 7,2 milliards de dinars, et que concrètement, la Tunisie devra mobiliser 15,5 milliards de dinars d’ici fin 2021, dont 8,2 milliards de dinars de dettes extérieures (à payer en devises), fait-elle observer.

Elle souligne que vu cette "situation chaotique", plusieurs voix se sont élevées pour réclamer la nomination d’un chef de gouvernement, expérimenté en économie, pour remettre le pays sur les rails.

"Algérie Part Plus" écrit pour sa part que depuis le mois d’avril et juin derniers, les cadres et cadres supérieurs sont la catégorie la plus touchée par le chômage en Algérie.

"C’est un fait inédit", commente la publication qui note que les chiffres font froid dans le dos et s’expliquent clairement par les faillites nombreuses des entreprises privées algériennes et les licenciements de plus en plus alarmants d’un nombre important de travailleurs qualifiés par des entreprises étrangères ou algériennes en très grandes difficultés financières à cause de la paralysie économique actuel du pays.

Citant des récentes statistiques de l’Agence Nationale de l’Emploi (ANEM), l’organisme en charge de l’organisation et la connaissance de la situation et de l’évolution du marché national de l’emploi et de la main d’œuvre en Algérie, le média relève que les cadres et cadres supérieurs forment, désormais, le contingent le plus important des chômeurs algériens.

Pour preuve, au mois d’avril dernier, l’ANEM a recensé pas moins de 617.275 cadres et cadres supérieurs au chômage, argue-t-il, ajoutant qu’il s’agit d’une proportion très élevée, qui ne représente pas moins de 30 % de tous les chômeurs recensés par l’ANEM sur le territoire algérien.

Et de poursuivre qu'au mois de juin, 429.578 cadres et cadres supérieurs étaient toujours au chômage représentant ainsi jusqu’à 29 % des demandeurs d’emploi inscrits auprès de l’ANEM.

Les cadres et cadres supérieurs femmes sont les plus touchés par le chômage puisque leur nombre était au mois de juin dernier 259.324 personnes alors que l’ANEM avait dénombré 170.254 cadres et cadres supérieurs hommes souffrant du chômage durant la même période.

Il précise que le chômage des cadres et cadres supérieurs algériens a pris une dimension dramatique depuis la fin de l’année 2020, rappelant qu’en décembre dernier, 617.275 de ces cadres étaient au chômage.

Pas moins de 31 % des chômeurs algériens étaient des cadres et cadres supérieurs au mois de décembre 2020. Un mois auparavant, le même constat amer prévalait sur le marché du travail en Algérie puisqu’en novembre 2020, pas moins de 629 235 cadres et cadres supérieurs étaient au chômage à l’échelle nationale, détaille-t-il.

Il signale que les cadres sont des salariés qui, au sein d’une entreprise ou dans un secteur d’activité donné, ont les plus hautes responsabilités administratives ou techniques, consistant notamment en la prise de décision majeure et aux fonctions de direction.

Selon lui, il s’agit donc des travailleurs les plus qualifiés se trouvant au sommet de l’échelle sociale d’une économie.

Il explique que le chômage qui touche de plein fouet cette catégorie prestigieuse des travailleurs algériens est le reflet du profond déclin financier et économique du pays depuis 2019, date à laquelle l’instabilité politique a aggravé les dysfonctionnements économiques du pays.

En Mauritanie, le journal "Al Akhbar" indique que le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani s'est voulu rassurant sur la nécessité, pour les forces vives du pays, de se concerter sur tous les sujets et dans un cadre ouvert et inclusif.

Cité par le journal, Kane Hamidou Baba, chef de la Coalition Vivre Ensemble (CVE), qui s’exprimait à l’issue d’une audience que lui avait accordée le chef de l’Etat mauritanien, estime que "la querelle sémantique (dialogue/concertations) peut être dépassée et que les conditions sont réunies pour aller de l'avant", précisant qu’il "appartient désormais à l'opposition, comme à la Majorité/Pouvoir de bien préparer ce dialogue".

Kane Hamidou Baba a rappelé que la CVE a déjà préparé un document intitulé "Contribution de la coalition vivre ensemble pour un dialogue national" qui a été "mis à la disposition de tous les partenaires politiques".

D’après la même source, dans ce document de 8 pages, la coalition évoque, comme sujets de dialogue prioritaires, la nécessité d'élaborer "une nouvelle politique de partage du pouvoir" pour assurer notamment "la représentativité effective de toutes nos communautés dans le gouvernement, la haute administration, les institutions représentatives, la justice, l’administration territoriale".

Dans ce sens, ajoute le quotidien, la CVE demande "une nouvelle forme de gouvernance et d’aménagement du territoire pour réformer le territoire dans un sens alliant la déconcentration à la décentralisation avec un nouveau découpage territorial des wilayas, moughatas, arrondissements et communes".




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