Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Publié le Mardi 29 Décembre 2020 à 11:49 | MAP


​Tunis - La levée de l'immunité parlementaire, qui fait débat en Tunisie, la situation du secteur touristique en Algérie et la manifestation des enseignants contractuels en Mauritanie sont les principaux sujets traités par la presse maghrébine parue mardi.


En Tunisie, "Le Quotidien" écrit que de nombreuses rumeurs ne cessent de circuler sur l'imminente levée de l'immunité de 54 députés tunisiens pour faciliter leur comparution devant la justice afin de répondre aux accusations dont ils font l'objet. 

Tout en qualifiant la situation d’"un chamboulement total du paysage politique", l’auteur de l’article se demande toutefois si l'Assemblée des représentants du peuple va accepter de lever l'immunité de ces élus impliqués dans de nombreuses affaires de corruption. 

Depuis la révolution, aucun député n'a vu son immunité levée, les élus du peuple se barricadent derrière cette procédure qui s'est transformée, dans certains cas, en un outil d'impunité permettant de se prémunir contre les poursuites judiciaires, constate-t-il. 

Pour sa part, "La Presse De Tunisie" écrit que la justice tunisienne est autorisée à solliciter la levée d'immunité parlementaire de tout député impliqué dans des affaires de justice. 

Certes, tout député se réserve également le droit de refuser d'invoquer l'immunité et d'affronter librement la justice tunisienne, mais ce droit constitutionnel réservé aux élus pour les protéger contre toute poursuite judiciaire uniquement dans leurs missions et tâches parlementaires est toujours exposé à une franche contestation de la part de l'opinion publique, relève l’auteur de l’article.

Le député du parti Courant démocratique, Nabil Hajji, a annoncé avoir déposé une demande d'accès à l'information adressée au président du Parlement pour obtenir la liste des députés concernés par la levée de l'immunité parlementaire, affirmant que "les Tunisiens doivent avoir accès à ce genre d'informations, d'autant plus qu'il s'agit de députés qui sont au service du peuple", rapporte-t-il. 

En Algérie, "L’Expression" écrit que le secteur du tourisme en Algérie ne profitera pas vraiment de ces fêtes de fin d'année. "Restrictions de voyage, restaurants et hôtels fermés dans la majorité des wilayas du pays. Pas de quoi rattraper une année à rayer du calendrier pour les professionnels du tourisme", relève l’auteur de l’article.

Les hôtels, les auberges de jeunes, les bivouacs, très prisés en cette période de l'année, espéraient accueillir des milliers de vacanciers et de touristes, mais le nouveau coronavirus a ruiné ces espoirs, au même titre que les vacances scolaires décalées, déplore-t-il.

"La crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19 en a décidé ainsi. L'impact sera énorme sur un secteur déjà à l'agonie", juge-t-il.

Sur l'année, les pertes sont chiffrées à coups de milliards, estime-t-il, précisant que les risques sont plus importants pour certaines régions où le tourisme prend une place prépondérante dans les rentrées financières des différents artisans.

La paralysie du secteur touristique conduit aussi à des pertes d'activités dans d'autres secteurs, notamment des pertes d'emplois estimées à des milliers de guides chameliers, de transporteurs, de cuisiniers et de restaurateurs, sans pour autant oublier l'impact indirect sur les fournisseurs de denrées alimentaires, constate-t-il.

En Mauritanie, la presse, qui s'attarde sur le mouvement de protestation des enseignants contractuels, écrit que des centaines de prestataires de service (enseignants du fondamental et du secondaire) ont manifesté lundi devant les locaux du ministère mauritanien de l’Education nationale, répondant ainsi à l'appel de la coordination et certains groupes qui luttent pour de meilleures conditions de travail et de traitement de leurs membres.

A Nouakchott, les manifestants, arborant des slogans et des pancartes exprimant leur mécontentement, ont tenu un sit-in devant le ministère, constatent les quotidiens.

Les prestataires de service du fondamental et du secondaire réclament, entre autres, leur intégration sans délai dans la fonction publique et les mêmes primes que leurs collègues, relèvent les quotidiens, soulignant que, pour avoir gain de cause, les protestataires "comptent déposer leurs doléances sur le bureau du ministre et aller jusqu’au bout".

La semaine dernière, les directeurs de l’enseignement fondamental et secondaire ont reçu les délégués des prestataires de service et des discussions ont eu lieu sur les doléances. Mais, les prestataires ont rejeté en bloc les propositions faites par les représentants du ministre. 

A moins d’une semaine de la reprise des cours selon la date fixée (4 janvier 2021) par la commission chargée de la gestion de la pandémie de Covid-19, le dialogue entre les prestataires de service et le ministère de l'Education nationale "reste toujours tendu", rapporte la presse.

Les manifestants estiment que les contrats actuels dont ils disposent ne répondent pas à leurs aspirations. Ces prestataires de service avaient été recrutés à l’issue de concours organisés par les deux ministères chargés de l’enseignement fondamental et secondaire, avant leur fusion, afin de combler le déficit constaté au niveau du corps enseignant.