Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

MAP - Publié le Lundi 4 Janvier 2021 à 11:20



Tunis - La crise au sein du parti "Ennahdha" en Tunisie, la situation économique difficile en Algérie et les efforts en Mauritanie pour la redynamisation de l'action gouvernementale sont les principaux sujets abordés lundi par la presse maghrébine.


Sous le titre " Ennahdha : le tournant ?", l'éditorialiste de "La presse de Tunisie" écrit que les références changent au sein du parti islamiste, notant que le positionnement, l’aiguillage, les orientations, mais aussi et surtout l’équilibre des forces, ne sont plus les mêmes.

Il estime qu’il est évident qu’ils font aujourd’hui l’objet d’appréciations contradictoires opposant le clan Ghannouchi au groupe des cent, qui réclame le départ du président d’Ennahdha.

La crise fait écho, ces derniers temps, à une déformation qui tient son nom et sa raison d’être de l’absence de réactivité et de ressort des membres influents et surtout des décideurs, commente-t-il, relevant que cela a même engendré une certaine distorsion dans les discours, dans les prises de position, mais aussi et surtout dans la manière avec laquelle le parti est géré.

Le quotidien explique que pour avoir fermé les yeux sur tout ce qui constituait une source de nuisance, pour avoir été dépassés par les événements, les décideurs au sein du parti ont autorisé les dérives et les dérapages de différents genres.

Il précise qu’alors que les votes au sein du Conseil de la choura devaient consacrer l’élection d’un bureau exécutif consensuel, les membres considérés comme appartenant au clan de Rached Ghannouchi n’ont pas réussi à obtenir un nombre de voix supérieur à 50, susceptible de leur permettre d’accéder au bureau exécutif.

Dissous au mois de mai dernier par Ghannouchi lui-même, le bureau exécutif n’a plus, après les dernières élections, ses propres règles. Encore moins sa composition, et certainement aussi sa vocation, estime-t-il, notant que c’est l’issue inévitable d’une instance qui n’a pas aspiré à un nouveau statut, notamment en l’absence des dispositions requises.

Dans le même ordre d’idées, "Tunisie Numérique" relève que décidément, le Cheikh Rached Ghannouchi n’arrive plus à mener ses troupes.

"Le Cheikh a, en effet, eu beaucoup de mal à maîtriser ses troupes, en rapport avec la tenue du prochain congrès du parti", explique-t-il, ajoutant qu'il s’est rendu compte qu’il ne faisait plus le poids face à ses lieutenants aux dents longues et acérées".

Alors que tous les "petits problèmes entre frères" se traitaient, auparavant, entre les murs du temple bleu de Montplaisir, "de nos jours, il a dû constater, avec effroi, que tout le linge sale de l’équipe est étalé devant le monde entier", fait observer l’auteur de l’article, soutenant que ses détracteurs en sont venus jusqu’à s’opposer à ses choix et décisions, sans aucune vergogne, en usant de communiqués, qui plus est, publics. 

A l’occasion de la dernière réunion de la Choura, qui s’est tenue jeudi dernier, il a tenté de raccommoder les choses et de colmater les brèches en offrant des postes à ses détracteurs.

De son côté, "Réalités" revient sur les déclarations de Lotfi Zitoun, ancien dirigeant au sein d’Ennahdha, dans lesquelles il souligne que les dernières élections des membres du bureau exécutif du mouvement sont la preuve des tensions internes qui sévissent actuellement Ennahdha.

"Le Conseil de la Choura a investi moins de la moitié des membres proposés par le président du parti. Cela a deux conséquences, l’une est positive et l’autre est négative", commente-t-il.

Il estime que tout d’abord, cela montre que les institutions du parti fonctionnent et qu’elles sont souveraines (Conseil de la Choura), ce qui les rend capables de rejeter les propositions du président du parti, alors que le second point montre à quel point la crise est aigüe au sein de cette formation politique.

Cité également par "Echourouq", Lotfi Zitoun considère, dans ce même contexte, que cela montre qu’Ennahdha est en train de sombrer, au fil des jours, dans les conflits internes.

En Algérie, "TSA" écrit qu'après une année 2020 particulièrement difficile au plan économique, l’Algérie devrait renouer avec la croissance en 2021, mais la reprise sera limitée et surtout conditionnée par l’amélioration de la situation liée au Covid-19. 

Les annonces des responsables algériens, qui se sont multipliées à l’approche de la fin de l’année 2020, ont de quoi susciter un certain scepticisme, précise l'auteur de l'article, qui relève que non seulement parce que ces prévisions ont déjà été formulées à de nombreuses reprises au cours des dernières années mais également parce qu’elles sont contredites par les premiers jalons tout à fait officiels qui vont baliser l’action de l’Exécutif au cours de l’année à venir.

Dans ce sens, il rappelle une année 2020 proprement catastrophique et qui devrait enregistrer clairement les pires performances économiques depuis l’indépendance du pays avec une réduction du PIB comprise entre 5 et 8 % suivant les sources.

La publication note que suivant les dernières estimations de la Banque mondiale, livrées en octobre dernier, le PIB de l’Algérie devrait connaître un rebond de 3,8 % en 2021. 

Elle ajoute que ces estimations optimistes sont déjà contredites par différentes sources qui évoquent une reprise plus molle située entre 2 et 3 % du PIB en raison de la persistance des incertitudes à propos de la prolongation de la crise sanitaire liée au Covid-19.

Selon la même source, cette reprise restera encore largement insuffisante pour regagner le terrain perdu en 2020 et surtout empêcher la progression du chômage que le FMI et la plupart des sources indépendantes voient progresser pour atteindre plus de 15 % en 2021. 


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Le Fil | Tribune