Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

MAP - Publié le Jeudi 28 Janvier 2021 à 12:56



Tunis - La polémique sur la cérémonie de prestation de serment pour le nouveau gouvernement tunisien, la crise touchant différents secteurs en Algérie et le rapport des activités du gouvernement mauritanien pour 2020 et les perspectives pour 2021 sont les principaux sujets abordés jeudi par la presse maghrébine.


Sous le titre "L'urgence socio-économique", "La presse de Tunisie" rappelle que le remaniement opéré par Hichem Mechichi a été validé par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), notant qu'il s'agit d'une sorte de nouvelle investiture qui a vu la coalition gouvernementale s’élargir avec le soutien de certains députés qui sont dans l’opposition.

Il rappelle que ce large remaniement était prévisible bien avant le clash entre Mechichi et Saïed, estimant que c’était le "prix" à payer pour passer le premier gouvernement où figuraient les ministres imposés par Carthage.

"L’Economiste Maghrébin" se demande si le président tunisien Kaïs Saïed, qui avait déclaré que les personnes proposées dans le remaniement ministériel, suspectées d’être impliquées dans des affaires de corruption ou de conflit d’intérêt ne pourront pas prêter serment, boycottera cette cérémonie.

D’évidence, les 11 nouveaux ministres ayant obtenu mardi soir la confiance du parlement, ne peuvent exercer leurs fonctions sans avoir au préalable prêté serment devant le président de la République, fait-il savoir, relevant qu’un large débat au sein de la communauté des juristes constitutionnalistes a été soulevé à ce propos.

Il estime que dans l’épreuve féroce du bras de fer féroce que se livrent publiquement le locataire du palais de Carthage et le président de l’Assemblée des Représentant du Peuple (ARP) par le chef du gouvernement interposé, le cheikh Rached Ghannouchi semble avoir gagné la première manche puisque son protégé, Hichem Mechichi, qu’il a pris sous son aile, a réussi son pari de mobiliser le plein des voix de la coalition parlementaire composée du mouvement "Ennahdha", "Qalb Tounès" et même d’"Al Karama" et ce, pour atteindre le seuil fatidique des 109 voix en faveur des 11 ministres proposés lors du remaniement ministériel.

Il rappelle que les députés tunisiens ont accordé leur confiance à chacun des onze ministres proposés par le chef du gouvernement même à ceux sur lesquels pèsent des soupçons de corruption ou de conflit d’intérêts.

Il ajoute que le Président tunisien qui a qualifié l’ajustement ministériel opéré par son chef du gouvernement d’ "inconstitutionnel", n’a pas manqué de rappeler que la Constitution n’exige nullement l’accord de l’ARP pour le remaniement ministériel, une mesure prévue par le règlement intérieur de l’ARP.

Dans ce sens, "Réalités" revient sur l’avis de certains constitutionnalistes dont Mouna Kraiem, professeur de droit constitutionnel qui a affirmé que les nouveaux ministres proposés dans le gouvernement de Hichem Mechichi ayant obtenu la confiance des élus de l’ARP ne peuvent pas prendre leurs fonctions avant de prêter serment devant le président de la République lors d’une cérémonie officielle qui devrait se dérouler au Palais de Carthage.

D’après la même source, la prestation de serment est une procédure régie par la Constitution qui ne devrait en aucun être négligée.

Elle estime que la nomination des ministres ne peut pas être publiée dans le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) avant la prestation de serment, rappelant qu’en dépit des réserves et des menaces implicites formulées par le président Saïed lors du conseil de la sûreté nationale lundi dernier concernant certains ministres proposés, le chef du gouvernement Hichem Mechichi a tenu bon et a réussi à obtenir la confiance du Parlement. 

Pour "TunisieNumérique", le chef d'Etat tunisien n’a pas le droit de refuser la prestation de serment des nouveaux ministres. 

Reprenant les propos du professeur de droit constitutionnel, Rafaa Ben Achour, la publication assure que le président de la République n’a pas le droit, de par la Constitution, de refuser de recevoir les nouveaux ministres pour la prestation de serment.

Elle ajoute que le rôle du président de la République se limite à celui de témoin de la prestation du serment et n’a aucun pouvoir d’approbation ou de refus, notant qu'en refusant la prestation de serment des nouveaux membres du gouvernement, le chef de l'Etat "enfreint gravement la Constitution".

En Algérie, "L'expression" s’interroge : Avec un salaire national minimum garanti de 20.000 DA (124 euros), que peut bien faire un père de famille en ces temps de crise économique doublée de la crise sanitaire?

Dans ce sens, il rappelle la hausse du chômage, conséquence directe des mois de confinement en raison du coronavirus et la dévaluation du dinar avec la chute des réserves de change, faisant remarquer qu’avant la pandémie, ce sont les fermetures d'usines qui avaient mis des milliers de personnes en chômage.

Il estime que de nombreuses familles n'arrivent même pas à s'assurer un revenu régulier pour subvenir à leurs besoins, notant que les conséquences sont des mouvements de contestation un peu partout dans le pays.

"Les citoyens sont en colère. Ceux qui ont perdu leurs emplois, ceux qui risquent de voir leur usine fermée, les exclus des listes de logements, les oubliés des zones d'ombre", détaille l’auteur de l’article, mettant en garde contre le risque d’une amplification de la liste des catégories sociales touchées par le vent de la contestation.

Selon le journal, la crise est profonde et la situation devient "intenable pour des milliers de gens".

Il explique que la flambée des prix des produits de consommation et l'érosion du pouvoir d'achat sont une réalité que toutes les explications de l'Exécutif ne peuvent justifier.

Pour "Liberté", alors que l’économie algérienne peine à sortir la tête de l’eau, nombre d’entreprises publiques connaissent des impasses managériales, expliquant que la guerre des prérogatives rend ardus les arbitrages entre différents secteurs.

Confronté aux graves difficultés que vivent les grands groupes industriels publics algériens, le département de l’Industrie serait en butte à des résistances au niveau de certaines sociétés et serait prisonnier de certaines lois héritées du temps où Ahmed Ouyahia était à la tête du gouvernement.

Cela fait des semaines que le ministre de l’Industrie tente de changer certains dirigeants de groupes publics, mais la tâche est ardue, voire délicate, précise le quotidien.

Dans ce sens, il cite l’exemple "éloquent" du président du groupe "Elec El-Djazaïr", expliquant que sur décision du ministre de tutelle, une réunion du conseil d’administration avait décidé de remplacer Kinane Djaouadi Djilali par Mustapha Ferfer à la tête du groupe en question, mais pendant des semaines, ce groupe public, qui compte dans son portefeuille plusieurs sociétés était "géré" par deux responsables.

Il estime que ce cas n’est pas isolé, notant que des éléments probants indiquent que le ministre connaît des difficultés avec d’autres dirigeants d’entreprises ou de groupes publics. 


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Le Fil | Tribune