Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Publié le Samedi 8 Mai 2021 à 14:06 | MAP


Tunis - Le confinement d'une semaine décrété en Tunisie, les manifestations anti-régime en Algérie et la situation épidémiologique en Mauritanie sont les principaux sujets abordés samedi par la presse maghrébine.


En Tunisie, "Réalités" revient sur la décision, annoncée vendredi par le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, de décréter un confinement général de 7 jours à partir du 9 mai, avec l’objectif d’éviter l’effondrement total du système de santé en Tunisie dont le corps médical est complètement dépassé et se trouve au bord de la dépression.

D’après Mechichi, le Tunisien n’applique pas les mesures de prévention sanitaires comme le port du masque qui ne dépasse pas les 20%.

Le média relève que parmi les mesures décidées durant ce confinement total d’une semaine figurent l’interdiction de déplacement entre les régions et des rassemblements, ainsi que la fermeture des lieux de culte et des commerces, à l’exception des secteurs vitaux du pays.

Pour sa part, "TunisieNumérique" note que maintenant que la présidence du gouvernement a pris en main le dossier de la gestion de la crise du Covid, et plus précisément, la campagne de vaccination, il est temps de mettre un coup d’accélérateur à l’opération et essayer de rattraper le temps perdu, en prenant en considération que seule une bonne campagne de vaccination bien conduite serait à même de freiner la pandémie, en Tunisie, et permettre d’espérer un début de reprise économique et, notamment, une récupération même partielle, de la saison touristique.

"Or, il n’y a pas de vaccins, en ce moment, en Tunisie", regrette-t-il, estimant que la faute est, certainement, imputable à la gestion calamiteuse du dossier par le comité mis en place par le ministère de la santé.

Il fait état de retards accumulés sur toute la ligne, à commencer par le choix des vaccins, leur commande, le fait d’avoir attendu les livraisons de "covax", d’avoir hésité pour les commandes, et d’avoir tardé à promulguer la loi en rapport avec la responsabilité des laboratoires en cas d’effets secondaires, par la présidence de la République.

Selon la même source, les couacs ont continué avec une campagne de sensibilisation quasi inexistante, la mauvaise gestion des centres de vaccination, le mauvais usage de la plateforme électronique et les mauvaises manipulations qui ont fini par bloquer le système.

Maintenant, il s’agit de mettre les bouchées doubles pour rattraper ces retards, sachant que l’infrastructure et le personnel de santé en Tunisie sont bien rôdés à ce genre de campagne, et il n’y a aucune raison d’échouer de cette façon, dans une opération vitale, insiste-t-il.

Il souligne qu’il faudra, avant tout, focaliser et mettre tous les moyens pour se procurer un maximum de doses de vaccin, faisant savoir que le chef du gouvernement Hichem Mechichi a bien démarré, vendredi, avec les autorités russes, pour l’octroi de nombreuses doses de vaccin Sputnik V.

En même temps, la présidence du gouvernement devrait penser à l’intégration du secteur de santé privé, dans cette campagne à condition de bien préparer et rôder cette collaboration, pour ne pas tout faire capoter, ajoute la même source, précisant c’est seulement, ainsi, qu’on pourra espérer entrevoir le bout du tunnel, en corrigeant les erreurs des incompétents et veiller à les maintenir éloignés du système, pour éviter toute interférence qui ne pourrait qu’être nocif, par incompétence, pour ne pas dire par collision avec les parties qui ne veulent pas que le gouvernement s’en sorte.

En Algérie, "AlgériePart" écrit que le 7 mai, le Hirak a encore une fois frappé un coup, expliquant qu’en dépit de la fatigue du jeûne et des températures élevées de cette journée, le dernier vendredi du mois sacré du Ramadan, des milliers de manifestants ont répondu présent à Alger et plusieurs autres grandes villes du pays comme Constantine, Annaba, Oran, Tizi-Ouzou, Béjaia, El-Oued, Sétif.

Il fait observer que malgré l’acharnement violent des forces de sécurité, les arrestations, la répression, les intimidations ou les blocages des rues tentés par les corridors et les cordons policiers déployés massivement à Alger, les manifestants du Hirak ont pu battre le pavé en secouant la capitale et les autres villes du pays avec leurs slogans habituels favorables à "l’Etat Civil" et vigoureusement opposés à "l’Etat militaire".

Il souligne que cette nouvelle mobilisation populaire vient démontrer que la répression policière brutale a encore une fois échoué en Algérie, faisant remarquer que malgré les intimidations, les incarcérations quasi-quotidiennes décidées par les tribunaux à l’encontre des militants et activistes du Hirak, les Algériens poursuivent les manifestations pacifiques et refusent le diktat du pouvoir.

Ni la prison ni les arrestations musclées ou les brutalités policières ne font, désormais, peur aux Algériens acquis à la cause du Hirak, à savoir le changement démocratique et un nouveau mode de gouvernance du pays totalement émancipé de l’emprise de l’Institution militaire, poursuit-il.

Selon le média, les manifestants du Hirak ont démontré vaillamment qu’ils n’ont aucunement peur du système.

Il souligne que le risque sanitaire est toujours là, mais la menace de la répression est encore plus élevée par rapport à 2019 puisque le régime algérien a redoublé de "férocité" dans sa gestion sécuritaire de ce mouvement populaire qui demeure entièrement pacifique.

Censure des réseaux sociaux chaque vendredi, coupure d’internet, propagande médiatique, justice aux ordres et forces anti-émeutes sur le qui-vive, le pouvoir algérien donne l’impression qu’il est réellement en guerre, regrette-t-il.

Il estime que l’Algérie, un pays isolé du reste du monde avec des frontières totalement fermées depuis mars 2020, est aujourd’hui recroquevillé sur lui-même et embourbé dans ses problèmes politiques internes.

"Un Hirak vaillant Vs un pouvoir violent et répressif", commente-t-il, indiquant que le match dure ainsi depuis plusieurs semaines et le résultat demeure totalement figé car si les manifestants du Hirak ont donné réellement une leçon de courage, ils n’ont encore fait preuve d’aucune efficacité puisqu’absolument rien n’a changé depuis le 22 février 2019.

Il souligne que "tout a empiré et l’Algérie de 2021 est une dictature encore plus lugubre et sinistre que celle du régime Bouteflika".