Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Publié le Lundi 31 Mai 2021 à 12:37 | MAP


Tunis - Les derniers développements politiques en Tunisie, la situation des cancéreux en Algérie et la situation du secteur de l'enseignement en Mauritanie sont les principaux sujets abordés lundi par la presse maghrébine.


Sous le titre "Vers un changement d'alliance !?", "Tunis-Hebdo" écrit que les observateurs de la gestion des affaires du pays sont accrochés quotidiennement aux divers événements, voire à de simples signes pour tenter de comprendre et saisir les tendances qui caractériseront l'évolution de la vie politique nationale.

Ainsi, l'on doit, chaque jour, interpréter le sens d'une "fuite" bien orchestrée d'une missive adressée à la présidence de la République, et publiée par un site "douteux" ou bien donner un sens ou un autre à une rencontre entre le chef de l'Etat, le chef du gouvernement et un ministre (ici celui de la Défense) pour essayer de démêler l'écheveau qui guide la marche de l'Etat, fait-il observer.

Il explique qu'au lieu d'être conduit par des institutions cohérentes, complémentaires et agissant dans l'intérêt général, la Tunisie a "droit", depuis plusieurs mois, à une "gestion cahotante, et dont le résultat n'échappe plus à personne : une paralysie quasi-complète avec le risque de l'envoyer vers les abysses".

Il n'en reste pas moins qu'il est utile de revenir sur les deux faits importants de la semaine passée pour s'efforcer de les tirer au clair, ajoute-t-il, rappelant que le premier est relatif à l'usage que l'on pourrait faire de ce fameux article 80 de la Constitution, le second concerne la question de l'immunité parlementaire.

Il précise que ce texte, qui ne peut lui-même être appliqué que sous certaines conditions, après avoir respecté certaines procédures et dans un but déterminé, tout en l'encadrant dans des limites précises.

En premier lieu, l'usage de cet article n'intervient que dans les circonstances exceptionnelles nécessitant la réunion de plusieurs conditions cumulatives tenant aux dangers qui planent sur le pays (péril imminent menaçant l'intégrité, la sécurité et l'indépendance du pays, entrave du fonctionnement des pouvoirs publics et aux procédures qui doivent être suivies (consultation du chef du gouvernement, du président de l'ARP, l'information du président de la Cour constitutionnelle, message au peuple), poursuit la même source.

Elle note qu'en même temps, il maintient les institutions (l'ARP ne peut être dissoute et elle peut intervenir pour mettre fin à son application), faisant observer que l'instrumentalisation de cet article intervient dans la "guéguerre" qui oppose le chef de l'Etat Kaïs Saïed et le président du parlement Rached Ghannouchi.

Selon l'auteur de l'article, les islamistes essaient depuis belle lurette de coller au président tunisien l'image d'un putschiste qui serait enclin à les écarter de la scène politique.

Il fait remarquer que le président Saïed reste imprégné des idées constitutionnalistes respectueuses de l'idéal démocratique, ajoutant que sur ce plan, il convient de s'en remettre à l'histoire de la Tunisie contemporaine pour connaître les véritables putschistes, ceux qui avaient voulu s'emparer du pouvoir en usant des moyens illégaux, ou ceux qui ont usé de la violence en tant que moyen d'action politique.

Il enchaîne qu'en second lieu, et concernant, la question de l'immunité parlementaire, le président tunisien a signalé plus d'une vingtaine de cas qui n'ont pas été examinés et qui demeurent en suspens.

Sur ce plan, la publication relève que les institutions sont défaillantes (exécutif. ARP) tant dans les cas du déclenchement de la levée de l'immunité ou dans leur traitement, faisant savoir que les atermoiements de l'ARP relativement à cette question laissent craindre l'utilisation de la menace de la levée de l'immunité à des fins politiciennes par ceux qui détiennent les règles du jeu au sein du parlement pour soumettre des députés sous pression.

En Algérie, "TSA" relève que la prise en charge des cancéreux est "catastrophique", précisant que leur situation ne cesse de se dégrader.

"Faute de médicaments disponibles, des enfants cancéreux sont en train de mourir. Des femmes atteintes d'un cancer du sein éprouvent des difficultés à trouver un créneau pour une radiothérapie", déplore le média.

Il fait savoir que chaque jour, 10 femmes en décèdent en moyenne et des malades désorientés n’arrivent pas à trouver où se faire traiter.

Pour les associations des malades atteints de cancers, la coupe est pleine, ajoute la même source, indiquant qu'un collectif d’une douzaine d’associations a lancé, dimanche 30 mai, un cri de détresse au président algérien pour intervenir.