Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

MAP - Publié le Lundi 7 Juin 2021 à 11:47



​Tunis - La crise économique en Tunisie, la situation épidémiologique en Algérie et en Mauritanie sont les principaux sujets abordés lundi par la presse maghrébine.


"La Presse de Tunisie" écrit que la Tunisie a besoin de 12 milliards de dinars (3,63 milliards d'euros) pour couvrir ses besoins financiers, au cours des trois prochains mois (de juin à août), afin d’éviter le risque d’un scénario d’incapacité de rembourser une partie de ses dettes, pour la première fois de son histoire.

Reprenant les propos de l’économiste tunisien Ezzedine Saidane, le journal précise que ces fonds sont répartis entre l’allocation de 4,5 milliards de dinars pour rembourser les prêts et la réservation d’une enveloppe de 5 milliards de dinars pour le paiement des salaires de la fonction publique, ainsi qu’un montant de 3 milliards de dinars pour financer des dépenses générales et le fonds de compensation.

Le quotidien avertit que le pays fait face à des difficultés financières sérieuses, au vu du grand déséquilibre entre les ressources et les dépenses, alors qu’il n’existe au compte du trésor de l’Etat à la Banque centrale que 1,6 milliard de dinars.

Il estime que les négociations initiées par le gouvernement avec le Fonds Monétaire International (FMI) ne pourront pas aboutir à un accord, avant trois mois d’où l’impératif de trouver les moyens de mobiliser cette enveloppe de 12 milliards de dinars, en attendant le décaissement de la première tranche du prêt qui sera octroyé par le FMI, sinon la Tunisie se trouvera dans l’obligation de rééchelonner ses dettes, et d’accepter des conditions affectant sa souveraineté.

D’après la même source, les récentes visites effectuées par des membres du gouvernement à l’étranger s’inscrivent dans le cadre de la recherche de mobilisation de ressources financières pour couvrir les besoins du pays pour la période à venir.

"Directinfo" fait savoir que des manifestants se sont regroupés, lundi, et ont bloqué la route nationale 2 au niveau de Caïed Essebsi, reliant Enfidha à Kandar et Sidi Bou Ali.

Les protestataires refusent les récentes augmentations des prix surtout concernant les tarifs de transports, ajoute-t-il.

Il précise que les manifestants ont brûlé des pneus et bloqué la route en posant des pierres causant des embouteillages.

En Algérie, "El Watan" fait savoir que trois semaines après l'Aïd El Fitr marqué par un abandon total des gestes barrières et des mesures de prévention, une nouvelle chaîne de contamination à la Covid-19 s’installe à travers le pays, qui coïncide avec la reprise des vols à l’international.

Il met en garde que la situation épidémiologique devient de plus en plus préoccupante selon les spécialistes, après une stabilité des contaminations depuis près de quatre mois.

Il indique qu’après le bulletin épidémiologique de l’Institut national de santé publique (INSP) au 28 mai, on totalise 128.198 cas confirmés et un taux d’incidence de 300,93 cas pour 100.000 habitants.

Concernant les cas probables, on dénombre 167.240 cas cumulés et un taux de 392,58 cas pour 100.000 habitants, ajoute la même source qui précise que ces cas ne sont pas comptabilisés sur le registre des cas confirmés du ministère de la Santé.

Elle fait savoir que la barre des 300 cas est dépassée ces dernières 24 heures, mais aucun contrôle ni aucune sanction contre ce non-respect des exigences de la situation épidémiologique ne sont engagés.

Elle fait observer que le port du masque est abandonné dans les transports, les marchés, les magasins et autres espaces fermés.

"Rien n’est fait pour cesser tous ces comportements que l’Algérie risque de payer très cher dans les prochaines semaines", avertit la même source, notant que le nombre quotidien des contaminations est plus important que les chiffres communiqués par le ministère de la Santé.

Citant le Pr Kamel Hail, responsable de l’unité Covid-19 au CHU Mustapha Bacha, elle estime que "ce rebond était prévisible" vu le relâchement total constaté au cours de ces dernières semaines, notamment durant l’Aïd El Fitr.

Le journal indique que le Pr Hail s'inquiète de l’évolution de la situation épidémiologique, affirmant que les services Covid au niveau du CHU sont saturés ainsi que les services de réanimation.

Selon la même source, le taux d’occupation des deux réanimations au niveau du CHU Mustapha Bacha est à 100% et les patients atteints sont pour la majorité des personnes âgées atteintes de maladies chroniques

Pour sa part, "TSA" relève que les contaminations au covid-19 en Algérie connaissent une hausse avec plus de 300 cas recensés quotidiennement.

D’après Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président du Conseil de l’ordre des médecins, les raisons de cette hausse sont dues au non-respect des mesures barrières durant la campagne électorale, et anticipe une reprise de l’épidémie.

En Mauritanie, la presse locale fait état d’une situation épidémiologique stable et non inquiétante.

Citant le Comité interministériel, les médias expliquent que les indices disponibles de propagation du coronavirus dans toutes zones, les diagnostics des résidents et des voyageurs, les nombres de personnes contaminées, de décès et de confinés dans les hôpitaux montrent que la situation sanitaire dans le pays est stable et n’inspire pas d'inquiétude.

Les journaux notent que le Comité interministériel chargé du suivi de la covid-19, réuni afin de passer en revue la situation de la pandémie et l’évolution de la vaccination en Mauritanie, a constaté, d’autre part, la nécessité d’une plus grande affluence sur les centres de vaccination pour renforcer la préservation contre ce fléau et éviter une possible propagation.

Selon ces médias, le comité a invité par ailleurs les forces vives de la Nation et la société civile à une véritable implication dans les campagnes de sensibilisation entreprises par les services de santé et les différentes directions pour accélérer le rythme de la vaccination des personnes concernées.