Marocafrik : Bulletin d'information maroco-africain
           

Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Publié le Lundi 28 Juin 2021 | MAP



​Tunis - La situation épidémiologique en Tunisie, la pénurie de l'eau en Algérie et la reprise des activités de la compagnie "Tasiast Mauritanie" sont les principaux sujets abordés lundi par la presse maghrébine.


En Tunisie, "L’économiste maghrébin" relève que la campagne de lutte contre le coronavirus donne l’impression d’avoir du plomb dans l’aile, estimant qu’il est vrai que le gouvernement n’a pas toujours réussi à bien gérer une crise à laquelle le système de la santé publique, qui prend l’eau depuis des années, n’a pas pu faire vraiment face.

Il déplore toutefois l’insouciance et l’indiscipline des Tunisiens qui ont assurément fait le reste et assistent depuis quelques jours à une accélération de la pandémie de Covid-19.

Les chiffres du ministère de la Santé font froid dans le dos d’une population qui craint du reste le pire avec notamment une quatrième vague de ses variants venus d’ailleurs et des taux de contamination de 400 cas pour 100 mille habitants, soutient-il.

L’auteur de l’article note que la situation a montré les limites de l’action des pouvoirs publics qui sont assurément dans l’incapacité de gérer une crise sanitaire tout en comptant pour beaucoup sur l’aide étrangère, ainsi que sur la mobilisation de la société civile.

Les échos qui parviennent de certaines régions font état, à ce propos, d’un manque flagrant d’outils pour combattre la pandémie, déplore-t-il, relevant qu’on évoque même jusqu’aux besoins en seringues et thermomètres dans certains établissements de la santé publique comme on parle des désordres au niveau de la prise en charge des personnes décédées, pour des enterrements de nuit.

Il explique que les chiffres montrent, à ce propos, un réel désengagement de l’Etat tunisien en matière de dépenses de santé. Dans ce sens, il rappelle que la Tunisie a consacré au cours des dix dernières années environ 5,3% des dépenses publiques à la santé, alors que la recommandation faite par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la Déclaration d’Abuja (Nigéria) de 2001 est de consacrer un minimum de 15%.

Le coronavirus est du reste venu montrer, comme pour d’autres secteurs de la vie nationale, les défaillances du système tunisien de santé, regrette-t-il, faisant savoir que des chiffres montrent là aussi un recul du secteur public de santé.

Ainsi, le secteur privé est en passe de devenir le principal pourvoyeur de certains services médicaux comme les scanners et autres IRM (60% des IRM sont dans des cliniques privées) et 42% du matériel médical étaient défectueux en 2017, selon la Cour des comptes.

Pour sa part, "Business News" revient sur les déclarations du directeur de l'institut Pasteur, Hechmi Louzir qui a indiqué, dimanche, que les résultats d’analyse du séquençage génomique menées par l’Institut avaient révélé l’existence de la souche indienne de la Covid-19 pour les porteurs du virus dans le gouvernorat de Kairouan.

D’après la même source, les tests génétiques ont confirmé l’existence de cas de contamination par le variant indien Delta.

Elle fait savoir qu’une période d’au moins une semaine est requise pour détecter la propagation du variant indien, notant que pendant cette période, chercheurs et médecins procèdent à des analyses de fragments ADN sur des échantillons atteints par le Covid-19.

Il rappelle que les services du ministère de la Santé avaient détecté 6 cas de contamination par le variant indien du coronavirus sans déterminer leurs localisations, ajoutant que les analyses de fragments ADN se poursuivent jusqu’à la publication des résultats définitifs des cas de contamination par le variant Delta.

Ce variant indien Delta est l’un des plus dangereux et des plus contagieux avec un taux de 60%, comparé au variant britannique Alfa, met en garde la même source.

De son côté, "Tunisienumérique" fait savoir que l’OMS a averti que le nouveau variant du covid "Delta plus" est très dangereux, dans la mesure où il touche plus d’organes que les autres souches, et qu’il se transmet plus rapidement et de façon plus importante à l’entourage du malade.

Il précise que l’OMS a appelé les pays du Monde à réagir immédiatement et énergiquement à ce variant, avant qu’il ne commence à s’étendre à travers le Monde, ainsi qu’à se prémunir contre ce nouveau variant par l’intensification de la vaccination et par l’imposition des mesures barrière.

"TSA" fait savoir que l’Algérie figure parmi les 30 pays les plus vulnérables au stress hydrique, rappelant que le premier plan de rationnement de l’eau, depuis le début des années 2000, est entré en vigueur samedi dernier à Alger.

En présentant ce programme jeudi, le wali d’Alger Youcef Chorfa a expliqué que ce rationnement était la conséquence d’"une période des plus difficile, avec un déficit en approvisionnement assez conséquent, pratiquement chronique".

Il précise que l’Algérie fait partie des trente pays les plus vulnérables au stress hydrique, où ce dernier est le plus élevé à travers le monde, selon les données incluses dans un rapport publié en août 2019 par le think tank américain World Ressources Institute (WRI, Institut des ressources mondiales).

Au total, ce sont près de 1,8 milliard de personnes dans dix-sept pays à travers la planète, soit un quart de la population mondiale, qui sont susceptibles d’être affectés par une crise de l’eau, avec le potentiel de graves pénuries au cours des prochaines années, expliquait le WRI dans son rapport, cité par ce média.

Il rappelle que le stress hydrique est un concept utilisé lorsque la demande en eau dépasse le volume disponible ou lorsque l'utilisation est limitée en raison de la mauvaise qualité de l’eau.

Avec un score de 3,69, l’Algérie occupe la 29ème place des pays les plus vulnérables au stress hydrique et elle est ainsi classée dans la catégorie de stress hydrique "élevé", deuxième plus grande catégorie derrière celle de stress hydrique "extrêmement élevé", indique-t-il.

Pour sa part, "Le Soir d’Algérie" estime que le constat étant établi, les pouvoirs publics font désormais face à l’impérieuse nécessité de trouver des alternatives à la raréfaction de l’eau.

Si le stress hydrique a déjà imposé des restrictions dans la distribution de l’eau potable, il ne laisse plus d’autre choix que de trouver des alternatives à la faible pluviométrie, insiste-t-il, notant que le dessalement d’eau de mer, mais également le recours aux forages sont en tête de liste des alternatives.

L’eau n’a pas coulé dans de nombreux quartiers de la capitale conformément au nouveau plan de rationnement établi par la Wilaya d’Alger, déplore-t-il.

Il estime que le dessalement fait déjà partie des solutions déjà testées, mais avec une proportion qui reste très faible, puisque les eaux de surface arrivent en tête avec 33%, et l’eau dessalée n’atteint que 17%.

Actuellement, le pays compte onze grandes stations de dessalement d'eau de mer, qui produisent plus de 561 millions m3 par an, rappelle-t-il, faisant observer que dans la capitale, impactée par la rareté de l’eau, l’espoir d’un retour à une alimentation plus régulière en eau potable repose sur le projet de réhabilitation de quatre stations de dessalement d'eau de mer à Alger et Tipasa.

En Mauritanie, la presse locale s’intéresse à la décision de "Tasiast Mauritanie Limited SA" (ou TMLSA) de reprendre ses activités minières et des travaux de construction du projet 24k et ce, suite à leur suspension temporaire en raison de l'incendie survenu la nuit du 15 juin 2021 au niveau du broyeur semi-autogène de l’usine.

Citant un communiqué de la société, les médias mauritaniens relèvent qu’aucun blessé ni décès n’avaient été déplorés suite à l’incendie.

L’extraction minière a repris à la mine, dont notamment les activités de décapage permettant d’accéder au minerai de plus haute teneur, ainsi que les travaux de construction du Projet d'Expansion 24k, précisent les mêmes sources.

Elles notent que l’entreprise évalue actuellement les possibilités d'optimiser le Projet 24k, alors que les opérations de broyage restent pour leurs parts suspendues.

Toutes les options seront envisagées et les ressources nécessaires mobilisées, afin d’accélérer les mesures visant à atténuer de manière prévisible l’impact de cet incident et le report de production qui en découle, assurent les mêmes sources, qui soulignent qu’il s’agira en particulier d’examiner toutes les stratégies possibles afin de réduire les temps d'arrêt du broyeur.



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