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Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Publié le Mercredi 30 Juin 2021 | MAP



​Tunis - La situation épidémiologique en Tunisie et en Mauritanie, ainsi que la vague de répression contre les défenseurs des droits de l'Homme en Algérie sont les principaux sujets abordés mercredi par la presse maghrébine.


Sous le titre "Le mauvais exemple", l'éditorialiste de "La Presse de Tunisie" écrit qu'au moment où les chiffres tardent à s'améliorer, bon nombre de Tunisiens n'hésitent pas à s'affranchir des gestes barrières : Ils se déplacent, se rencontrent et font même la fête comme en temps ordinaire.

Beaucoup de Tunisiens font preuve ainsi d'insouciance et de nonchalance totales, notamment dans les lieux de rassemblement, déplore-t-il, relevant que "les insignifiances et les dérives ne sont plus une affaire marginale, mais qu'elles font désormais partie de la vie des Tunisiens".

Après les meetings et les manifestations des partis politiques, c'est au public des stades et d'autres activités de leur emboiter le pas et de s'identifier à ceux qui leur ont donné le mauvais exemple, fait-il observer, estimant qu'il s'est avéré que se partager la médiocrité et la nonchalance, c'est ce qu'aiment le plus un bon nombre de Tunisiens, mais que l'on perde sa lucidité dans les moments critiques, cela devient intolérable.

Il indique que les solutions de facilité adoptées ces derniers temps par le conseil scientifique, l'échec de la campagne de vaccination et la stratégie de faiblesse préconisée, c'est un mode de comportement fait d'indifférence, d'insensibilité et un aveu d'insouciance qui semblent orienter le quotidien des Tunisiens.

"L'incapacité de faire respecter les mesures sanitaires renvoie l'image d'hommes décideurs coupés de la réalité (..) Ils sont tous incapables de faire face à une crise incontrôlable et plus que jamais ingérable", regrette l'éditorialiste, qui note que les dérapages, les manquements dans la stratégie de lutte contre le Covid-19 inspirent beaucoup d'inquiétudes sur la façon dont la crise sanitaire est aujourd'hui gérée.

Pour sa part, "Le Quotidien" relève qu'au moment où la Tunisie compte quotidiennement ses morts, victimes de la pandémie, aucune solution rigoureuse n'a été prise par un gouvernement qui continue à user des mêmes moyens face à une situation de tsunami qui risque de tout emporter.

Il rappelle qu'en mars 2020, alors que seuls quelques cas de contamination ont été signalés, le gouvernement Fakhfakh n'a pas hésité à prendre le taureau par les cornes et à instaurer un confinement général qui a épargné au pays le pire.

Il constate qu'aujourd'hui que tout va curieusement à l'envers: "Du côté des gouvernants comme de nos éminents spécialistes, une quasi indifférence se dégage alors que les statistiques et les courbes s'affolent".

Il ajoute que du côté de la présidence de la république et du gouvernement, ainsi que du ministère de la Santé ou du lieu des réunions de la Commission scientifique de lutte contre le Covid-19, c'est la même froideur qui plane.

Que le nombre de décès atteigne la centaine par jour, ça commence à être un chiffre banal qui ne suscite pas de préoccupation majeure, regrette-t-il, estimant que ces chiffres appellent, pourtant, à user des solutions extrêmes afin d'arrêter l'hémorragie.

Il souligne toutefois qu'un confinement général coûtera très cher au gouvernement alors que les caisses sont désespérément vides, rappelant qu'en 2020, il a fallu mobiliser toutes les structures du pays pour pouvoir supporter un tel fardeau.

Ce gouvernement qui ne fait qu'éloigner l'échéance pour décider d'un éventuel confinement général, est en train de fuir ses responsabilités, commente-t-il, notant que le chef du gouvernement, Hichem Mechichi a jeté la balle du côté des gouverneurs pour qu'ils décident à sa place et le résultat est bien là: les mesures prises, d'une région à l'autre, sont loin d'arrêter l'hémorragie.

De son côté, "Le Temps" fait observer que la Tunisie, submergée, ne compte plus ses morts et s'échine avec l'énergie du désespoir à combattre la Covid-19 et ses multiples variants dont Delta "un véritable caméléon".

Il fait état de 18 cas d'infection par la souche indienne, un cas d'infection par la souche nigériane, un taux d'occupation national des lits de réanimation de 98,10% et de 100 % dans dix gouvernorats.

Il fait savoir que plus de 14.600 personnes ont "succombé sous le silence mystérieux insignifiant et frappé des autorités, de nos gouvernants et d'une classe politique défaillante, lesquels ont d'autres chats à fouetter".

La Cour constitutionnelle et la refonte du système politique sont les priorités des priorités au sommet de la pyramide, ajoute-t-il, précisant qu'à l'heure où les Tunisiens se mobilisent pour vaincre le coronavirus, les appels tendant à ressusciter les épouvantes de l'obscurantisme n'ont plus raison d'être et ne tiennent plus debout pour éradiquer le coronavirus et ses subsidiaires et l'ultime bataille est à engager contre un virus beaucoup plus dangereux et plus ancré, c'est celui de l'obscurantisme.

En Mauritanie, la presse locale s'attarde sur la situation épidémiologique dans le pays qui a enregistré mardi 71 nouveaux cas du coronavirus, dont 16 dans la seule ville de Zouerate, le plus grand nombre de cas enregistrés dans une seule ville en une journée, ces dernières 24 heures.

Cité par ces médias, le ministère de la Santé a annoncé, au cours des deux dernières 24h, quelque 47 nouvelles guérisons, relevant que ces résultats ont été obtenus à l'issue de 1.697 tests de diagnostic dont 1.340 tests rapides et 375 tests PCR.

Selon un communiqué du ministère de la santé, 26 malades du covid-19 sont traités dans les hôpitaux, dont 7 dans une situation critique, trois à l’hôpital des spécialités médicales à Nouakchott et quatre au centre hospitalier de la capitale.

Ils rappellent que la Mauritanie a enregistré, depuis le début de la pandémie 20.676 cas, 19.709 guérisons et 487 décès.

En Algérie, "Liberté" revient sur la vague d'arrestations arbitraires quotidiennes qui touche les activistes du Hirak, les militants politiques, les personnalités nationales et les journalistes.

Dans ce sens, il évoque la réaction du parti des travailleurs qui a exprimé ses inquiétudes face à l'évolution de la situation politique et dénoncé une vague d'arrestations qui "amplifient la tension politique".

Pour le PT, le pays est "confronté à une fermeture politique et médiatique dans un contexte de violations croissantes des droits politiques consacrés par la Constitution".

Cité par le journal, le Parti des travailleurs a affirmé que ces personnes ont été interpellées pour avoir exprimé leur opinion ou encore exercé leurs droits politiques, et parfois, en raison de leur participation antérieure aux marches hebdomadaires.

"Nous sommes confrontés à une dérive dangereuse où les droits démocratiques les plus fondamentaux ont été violés et les activités ou opinions politiques sont criminalisées par le pouvoir judiciaire qui porte des accusations très graves qui n’ont rien à voir avec les actes criminels", selon un communiqué du parti repris par le quotidien.

Citant les cas de Nordine Aït Hamouda, Hamou Boumedine, du professeur Fatiha Briki et des dizaines de détenus et juristes, le PT estime que ces derniers "n’ont pas commis de crimes et n’ont pas été incriminés dans des affaires de corruption, de terrorisme ou d’intelligence avec l’étranger".

Selon le journal, le PT ira jusqu’à illustrer un autre dépassement, en l’occurrence l’arrestation d’un militant politique alors qu’il descendait d’un bus.

Pour le PT, l’Algérie est, désormais, "confrontée à une fermeture politique et médiatique absolue dans un contexte de violations croissantes des droits politiques consacrés par la Constitution".

D'après la même source, le parti de Louisa Hanoune précise que ces arrestations ne font qu’amplifier "la tension politique" et risquent d’ouvrir "la porte aux aventuriers et d'exposer notre pays aux ingérences extérieures, comme en témoignent les rapports successifs émis par les instances et organisations internationales".

De son côté, "Le Matin d'Algérie" a fait savoir, en citant Amnesty international, qu'à la date du 23 juin, au moins 273 militants étaient détenus de façon inique en Algérie.

D'après l'organisation de défense des droits de l'Homme, les autorités algériennes ont utilisé tous les moyens à leur disposition pour écraser la dissidence et réduire au silence les protestataires du mouvement du Hirak, arrêtant et poursuivant en justice des dizaines de militants sur la base d’accusations forgées de toutes pièces, uniquement parce que ces personnes ont participé à des manifestations ou exprimé des opinions politiques dissidentes.

Le journal fait savoir que le ministère algérien de l'Intérieur a également pris des mesures pour dissoudre des organisations de la société civile et des partis politiques, rappelant qu'en avril et en mai, il a cherché à suspendre ou dissoudre deux partis politiques, l’Union pour le changement et le progrès (UCP) et le Parti socialiste des travailleurs (PST), et à dissoudre l’organisation de la société civile Rassemblement actions jeunesse (RAJ).

Le 30 mai, le Conseil supérieur de la magistrature, un organe administratif qui manque d’indépendance puisqu’il est présidé par le président algérien, a radié du corps des magistrats le juge Sadedin Merzoug pour avoir exprimé des opinions en faveur de la démocratie et du mouvement du Hirak en Algérie, regrette le journal.



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