Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Publié le Mardi 6 Juillet 2021 à 11:28 | MAP


​Tunis - Les derniers développements de la situation politique et sanitaire en Tunisie, la recrudescence des tentatives d'émigration clandestine vers l'Europe depuis l' Algérie et le lancement de la campagne agricole en Mauritanie sont les principaux sujets abordés mardi par la presse maghrébine.


En Tunisie, "Le Temps", qui titre "Game over!", écrit que le peuple tunisien, "désespéré, écœuré, révulsé, sifflera bientôt la fin de la récréation".

"Des morts à fleur de l'âge, des mineurs qui fuient le pays à bord d'embarcations pour atteindre l'île de Lampedusa. Ils fuient la pauvreté et la misère la plus crue", déplore-t-il, observant qu'il s'agit d'une Alchimie d'une douleur sans fin.

"Tout comme le spleen de Baudelaire dans les 'Fleurs du mal', un état dépressif et morbide ressenti ces derniers jours par le commun des mortels. Essoufflés, ahanés, les médecins lancent un dernier cri d'alerte mettant en garde contre la reproduction du scénario indien en Tunisie", met-il en garde.

Tout en faisant état de plus de 1.500 morts et d'un taux d'occupation des lits de réanimation dans les hôpitaux qui a dépassé les 250 %, il fait savoir que la commission régionale de lutte contre les catastrophes de Tunis a décrété un confinement général en fin de semaine, à compter du week-end prochain, et pendant deux semaines consécutives.

"Des demi-mesures qui ne répondent toujours pas aux aspirations du comité scientifique et des soldats en blouse blanche qui sont en première ligne de mire", regrette le journal, estimant que de toutes les façons, les Tunisiens ne croient plus aux promesses.

Tétanisé, par l'affaire du juge Béchir Akremi, l'étau se resserre de plus en plus autour d'"Ennahdha " qui joue les prolongations en cherchant à changer de tactique.

Le comité de défense de Belaid et Brahmi a appelé dimanche le conseil de l'ordre judiciaire à se désister immédiatement des travaux du conseil de discipline et de traduire le dossier de Béchir Akremi devant le ministère public, fait-t-il savoir.

Dans ce sens, l'éditorialiste de "La Presse de Tunisie" note que depuis les révélations fracassantes sur l'affaire des deux juges Béchir Akremi et Taleb Rached par le Collectif de défense de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi, c'est le clair obscur qui règne.

En effet, avocats et magistrats se tirent dans les pattes et pour cause, l'affaire dite de "l'appareil secret du mouvement Ennahdha" traîne depuis des années dans les coulisses de l'instruction judiciaire sans aucun avancement notable, fait-il remarquer.

Il ajoute qu'alors que le Collectif de défense accuse le parquet d'avoir violé le devoir de neutralité dans cette affaire et accuse Ennahdha d'être l'instigateur des deux assassinats politiques, le corps des magistrats se mure dans un silence sans fin.

Pourtant, le traumatisme qui a touché la Nation tout entière lors de l'affaire Belaid Brahmi a atteint au premier chef le corps judiciaire, poursuit la même source.

Il rappelle que ce n'est pas la première fois que le Palais de Justice, ce cadre prestigieux et symbole de la solennité, "se trouve englué dans des querelles qui mettent face à face les hommes de loi".

Il explique qu'en effet, de l'assassinat de Brahmi-Belaïd à la mise sous mandat de dépôt du candidat à la présidentielle Nabil Karoui, le pouvoir judiciaire, combien nécessaire à la marche de la démocratie tunisienne, est pointé du doigt.

Il estime que le problème soulevé par les robes noires déborde du simple cadre d'une procédure lente à celui de l'indépendance de la justice car sans justice indépendante et forte, pas d'Etat de droit.

Le quotidien souligne que pour que le corps judiciaire continue à dessiner l'architecture de l'Etat dont il est l'un des murs porteurs sans ruiner l'édifice tout entier, la justice ne doit pas rester une planète en orbite indéfinie autour d'un monde qui lui serait étranger.

"Son rôle est éminent et il est indispensable de tracer, à travers ce genre d'affaires sensibles, le chemin d'une justice rénovée digne de notre pays", insiste-t-il encore, relevant qu'il n'y a pas de mal qu'à chaque fois où on constate un dysfonctionnement, de le dénoncer non pas pour stigmatiser l'institution judiciaire mais pour qu'elle trouve en elle-même les moyens de le résoudre.

Nul besoin de mise en cause individuelle ou collective, mais il est urgent de mesurer la crise morale qui traverse l'institution, déplore l'éditorialiste, notant que pour que justice soit rendue dans des conditions de délai et de sécurité juridique les meilleures, il faut que la magistrature s'interroge sur ses pratiques, son éthique.

"Algériepartplus" qualifie le flux de migrants clandestins ayant rejoint dernièrement les côtes européennes depuis l'Algérie de "véritable opération de débarquement".

Il relève qu'en quelques jours, plus de 1.100 migrants irréguliers algériens ont pu rejoindre plusieurs plages espagnoles depuis leur départ de plusieurs wilayas côtières algériennes notamment Mostaganem, Ain Témouchent ou Oran.

Les quelques 1.100 migrants clandestins sont arrivés ces derniers jours à Motril, Almeria, Cartagena, Alicante, îles Baléares, fait savoir le média, qui précise que rien qu’à Almeria et ses plages environnantes, plus de 800 migrants clandestins algériens sont arrivés durant les 4 derniers jours du mois de juin dont 600 ont été interceptés par la Garde civile espagnole et le reste a pu échapper aux autorités espagnoles, précise le même média, qui ajoute que beaucoup de femmes et d’enfants figurent parmi ces migrants clandestins.

Ces chiffres sont considérés comme des records qui reflètent une dynamique dangereuse, regrette-t-il, notant que cette dynamique n'inclut par le nombre des disparus en haute mer à la suite de naufrages et ne compte pas non plus les "harragas" interceptés par les garde-côtes algériens lors de leur départ désespéré depuis les plages algériennes.

D'après la publication, ces données démontrent clairement que l’été 2021 sera bel et bien totalement différent des étés précédents car le fléau de la "harga" a pris une dimension alarmante et se répand comme une traînée de poudre au sein de la population algérienne.

Confrontés à des perspectives socio-économiques sombres et des horizons politiques bouchés, les jeunes algériens éprouvent plus que jamais le besoin de fuir pour vivre sous des cieux plus cléments, explique-t-elle, faisant observer que l’Algérie est en train de se transformer petit à petit en une véritable bombe migratoire.

En Mauritanie, la presse locale s'attarde sur le lancement de la campagne agricole 2021-2022 depuis Rosso sous la supervision du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Les médias mauritaniens notent que ce lancement a été marqué par l'inauguration d'une série de grands projets de développement dans la wilaya du Trarza.

Selon les mêmes sources, le ministre de l'Agriculture, M. Sidna Ould Ahmed Ely, a relevé à cette occasion que son département a adopté une approche de développement basée sur deux axes : le premier consiste en l’amélioration des conditions de production et la réduction de ses coûts et le second vise l'augmentation de la production et de la productivité.

Cette approche vise à accroître la compétitivité de la production agricole comme moyen de lutte contre la pauvreté, d'intégration des groupes vulnérables, par la création de facteurs de sécurité alimentaire et davantage d'opportunités d'emploi, en faveur d’une intégration effective de l'agriculture dans les circuits de l’économie nationale, précise-t-il.

D'après ces médias, cette approche s'inscrit dans la stratégie et les plans d'action du secteur visant à valoriser, à développer et à mettre à niveau les filières agricoles de base.

Le lancement de la campagne agricole intervient aujourd'hui après l'achèvement du projet de mise en valeur des zones agricoles irriguées, un projet financé par la Banque mondiale dans le cadre du Programme de gestion intégrée des ressources en eau n°2, relèvent les journaux mauritaniens.

Ils rappellent que ce projet a pour objet l’augmentation des revenus des exploitants de manière durable et l’amélioration du niveau de vie de la population conformément à la stratégie nationale de développement du secteur agricole pour accélérer la réalisation de l'autosuffisance dans le domaine alimentaire.

Par son ampleur et les différents volets qu’il couvre, le projet entraînera un accroissement conséquent de la production et contribuera de manière significative à la création de nouvelles opportunités d’emplois et à l’atteinte de l’objectif d’autosuffisance alimentaire, soulignent-ils.