Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Publié le Vendredi 6 Août 2021 à 11:34 | MAP


​Tunis - Les derniers développements politiques en Tunisie et la crise du secteur des hydrocarbures en Algérie, ainsi que l'accord conclu entre la Mauritanie et la société "Kinross" pour l’augmentation graduelle de la redevance minière de 3 à 6,5% sont les principaux sujets abordés vendredi par la presse maghrébine.


Sous le titre "Gare au retour à la case départ", l’éditorialiste de "La Presse de Tunisie" fait observer que deux réunions ont focalisé l'attention des observateurs en l'espace de vingt-quatre heures : La première concerne celle de la commission administrative de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) dont la décision a été de soutenir les décisions présidentielles du 25 juillet.

Il souligne que cette décision émane de la ferme conviction de l'UGTT de la nécessité de prendre des décisions audacieuses pour sauver la Tunisie.

Selon l’éditorialiste, la deuxième est celle du Conseil de la Choura qui a pondu un communiqué clair-obscur ou il essaye de faire avaler des couleuvres aux Tunisiens.

Le journal ajoute qu’elle a pour grand titre : la compréhension de la colère légitime du peuple mais qui en même temps appelle le Président de la République à former le gouvernement et à le soumettre à l'ARP pour le vote de confiance.

Il estime qu’il s’agit d’une manière élégante pour un retour à la case départ, précisant que ce communiqué qui se veut rassurant et qui est signé par Abdelkarim Harouni, l'homme qui a mis le feu aux poudres quelques jours avant les évènements du 25 juillet 2021, à cause notamment de l'ultimatum qu'il a donné au gouvernement Mechichi pour procéder à l'indemnisation des victimes du despotisme, alors que le pays tire le diable par la queue, n'est qu'une manœuvre politico-constitutionnelle pour "faire avorter de la même manière l'action historique du Chef de l'Etat".

Il explique que tracer les contours d'une feuille de route qui fera revenir les islamistes aux commandes après qu'ils ont été ouvertement décriés par la rue et par la volonté populaire, c'est aller droit dans le mur et baliser la voie à un nouvel échec, qui sera de toute façon cuisant pour tous, y compris le Chef de l'Etat.

En effet, il est simple, voire facile, de se dérober à ses responsabilités, de se fondre en excuses et d'utiliser la constitutionnalité du processus pour tirer par là même son épingle du jeu, ajoute-t-il.

"Que nenni. Car les Tunisiens, qui dépriment, assistent sans broncher à la même cacophonie et aux discussions sur des questions futiles, usantes, frustrantes et rageantes depuis des années, alors que le pays était à la dérive, ne sont pas prêts à accepter qu'on leur fasse miroiter la loi avec une allure de légalité qui constitue un premier remède contre l'arbitraire, alors que les intentions sont autres", note-t-il.

Il estime que seule la volonté du peuple a ce pouvoir magique de légitimer l'action du Président et de valider le choix des citoyens, relevant que personne ne peut obliger un citoyen à approuver une feuille de route qui ne lui convient pas à valider un choix qui n'est pas le sien, même au nom de la loi ou de la Constitution ou d'élections tronquées.

"En effet, si l'appel d'Ennahdha trouve bon écho, l'effet de ciseau se fera rapidement sentir sur notre jeune démocratie et la Tunisie ne sera pas à l'abri de troubles et de soubresauts", met-il en garde, indiquant qu'il s'agit donc de donner un coup de pied dans la fourmilière constitutionnelle pour mettre tous les acteurs en mouvement et trouver un nouvel équilibre, et vite.

Pour sa part, "Le Quotidien", qui titre "Le champion de la fausseté", écrit que le président d’Ennahdha Rached Ghannouchi a viré de bord sans crier gare.

Après avoir menacé les Tunisiens d'une guerre civile suite au coup d'éclat de Kais Saïed, mis en garde les pays européens d'un déferlement de 500 mille émigrés clandestins s'il n'était pas remis en poste, appelé les forces étrangères intervenir en Tunisie, "le gourou du parti islamiste fait volte-face".

Lors de la réunion du Conseil de la choura sous haute tension tenue mercredi, le cheikh a tourné casaque comme si de rien n'était, comme il a coutume de le faire dans pareille situation, fait-il observer.

"Il a déclaré en effet que ce qui s'est passé était dans l'ordre des choses et qu'il ne s'agissait nullement d'un coup d'Etat comme il l'avait dénoncé tout au long de la période écoulée. Mieux encore, il a encensé les décisions de Kaïs Saïed, les qualifiant de courageuses et nécessaires pour mettre un terme au chaos et à la gabegie qui règnent depuis de longues années", fait-il savoir.

Selon le journal, le virage à 180 degrés du cheikh n'est ni fortuit, encore moins spontané et gratuit.

Il souligne qu’il ne faut pas du tout le prendre pour de l'argent comptant, car il ne s'agit nullement d'un mea-culpa ou une remise en question sincère, expliquant que par cette manœuvre dilatoire aussi vicieuse que suspecte, Ghannouchi cherche à amadouer le locataire du palais de Carthage dans une tentative manifeste d'absorber sa colère et l'inciter, surtout, à ne pas aller plus loin dans sa démarche.

En Algérie, "Liberté" relève que selon les données de l’Office national des statistiques (ONS), la production du secteur des hydrocarbures a reculé de 2% au premier trimestre de 2021, confirmant la poursuite du déclin des résultats de l’amont pétrolier et gazier, dont les contre-performances datent déjà de plusieurs années.

La reprise tant attendue du secteur des hydrocarbures n’est pas encore au rendez-vous, estime-t-il.

Il ajoute que la production du secteur a encore chuté au premier trimestre de l’année en cours, enchaînant ainsi la énième contre-performance dont les causes sont plutôt d’ordre structurel, lié à la baisse des investissements dans l’amont pétrolier et gazier, l’absence de découvertes majeures et le faible taux de récupération des vieux gisements.

Il souligne que certes, ce repli des trois premiers mois de l'année est "de moindre ampleur que ceux observés aux quatre trimestres de l'année précédente", mais le redressement de l’activité amont n’a pas encore commencé, faute de reprise tant attendue de l’investissement dans la recherche et l’exploration.

D’après la même source, le repli de la production du secteur des hydrocarbures s'explique essentiellement par une baisse de 6,5% de la branche pétrole brut et gaz naturel, malgré la croissance de la production dans les branches liquéfaction du gaz naturel (16,2%) et raffinage du pétrole brut (+1,0%).

Ces indicateurs statistiques confirment les mouvements baissiers rapportés dans les rapports du ministère de l’Energie et des Mines pour les années 2020 et 2019, poursuit la même source.

Ces rapports ont levé le voile sur une baisse de 15,4 millions de TEP (tonne équivalent pétrole) entre 2020 et 2019 au compteur de la production commerciale d’hydrocarbures primaires, relève-t-elle, notant qu’en 2020, la production commerciale d’hydrocarbures primaires a été de 142 millions TEP, en nette baisse par rapport à 2019, année durant laquelle la production commerciale d’énergie primaire a atteint 157,4 millions de TEP, en baisse (-4,8%) par rapport aux réalisations de l’année 2018.

Elle fait observer que le secteur des hydrocarbures peine à retrouver des couleurs depuis la dernière information statistique de l’ONS, datée du premier trimestre 2020, révélant une baisse de 13,4% de l’activité du secteur des hydrocarbures entre janvier et mars 2020, alors que la crise sanitaire a mis sous les feux de la rampe le déclin de nombreux secteurs.

En Mauritanie, la presse locale revient sur l’accord conclu avec la société Kinross Gold Corporation visant à augmenter la redevance minière tirée de l'exploitation de la mine de Tasiast, de 3% jusqu'à 6,5% graduellement et selon le prix de l'or.

Citant le ministère mauritanien du Pétrole, des Mines et de l’Energie, les journaux mauritaniens relèvent que l’Etat va également nommer des membres observateurs au Conseil d'Administration de la société TML S.A. afin de permettre un suivi immédiat des décisions et permettant ainsi d’accroître la transparence.

Selon les mêmes sources, l'accord désengage aussi le pays à rembourser à Kinross Gold Corporation une somme de 74 millions de dollars relative au carburant exonéré.

Elles ajoutent que la Mauritanie va en revanche effectuer - sur une période de 5 ans - le remboursement à la société Kinross Gold Corporation d'un montant de 40 millions de dollars tels que dus et confirmés par lettre du ministère des finances en date du 12 mai 2015.

De son côté, Kinross Gold Corporation devra verser à l'Etat un montant de 10 millions de dollars à la signature de l’accord et un autre montant annuel de 1 million de dollars pour le renforcement de capacités durant la période d’exploitation.

Les médias font savoir que la société Kinross Gold Corporation devra aussi s’impliquer davantage dans le développement local et national et dans le renforcement du contenu local.