Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Publié le Jeudi 19 Août 2021 à 13:57 | MAP


​Tunis - Les derniers développements politiques en Tunisie, la situation de la liberté de la presse en Algérie et l'immigration clandestine en Mauritanie sont les principaux sujets abordés jeudi par la presse maghrébine.


Dans son éditorial intitulé "L'heure des grands défis", " Le Quotidien" écrit que depuis le 25 juillet 2021, la Tunisie vit un tournant particulier, rappelant que le parlement est gelé, le chef du gouvernement demis et un gouvernement qui continue à gérer sans trop de conviction, dans l'attente de l'annonce de l'identité du futur patron à La Kasbah et de ses lieutenants, surtout dans les secteurs essentiels (économie, santé, finances, commerce, sécurité..).

Il estime qu'il est vrai que les Tunisiens ont accueilli tambour battant l'initiative du président Kaïs Saïed qui a "osé", enfin, neutraliser ceux qui étaient au pouvoir et qui ont tout fait pour mettre le pays à genoux et le piller totalement.

Selon lui, l'heure de l'euphorie est passée et ça fait déjà plus de trois semaines que les citoyens attendent des signes annonciateurs de renouveau et d'audace pour redresser la situation et sauver totalement le pays.

Et si, côté santé, la Tunisie est sur une courbe positive avec des chiffres et des taux de plus en plus rassurants et respectables de vaccination, c'est le domaine économique qui exige de l'action sans hésitation ou attente inutile, souligne le journal.

Il estime que c'est que les maux sont connus et nos experts en la matière ont, à maintes reprises, dressé le tableau avec ses défaillances, ses points rouges, ses maux et ses dangereuses répercussions, ainsi que les actions et décisions urgentes qui doivent être prises dans l'urgence.

Il indique que parmi ces experts figure l'économiste Ezzedine Saidane qui a révélé, depuis le mois de juin 2021, que la Tunisie a besoin de 12 milliards de dinars (1 euro = 3,30 dinars) pour couvrir ses besoins financiers, entre les mois de juin et août afin d'éviter le risque d'un scénario d'incapacité de rembourser une partie de ses dettes, pour la première fois de son histoire.

D'après la même source, ces fonds sont répartis entre l'allocation de 4,5 milliards de dinars pour rembourser les prêts et la réservation d'une enveloppe de 5 milliards de dinars pour le paiement des salaires de la fonction publique, ainsi qu'un montant de 3 milliards de dinars pour financer des dépenses générales et la caisse de compensation.

Le média relève que le pays fait face à des difficultés financières sérieuses, au vu du grand déséquilibre entre les ressources et les dépenses, alors qu'il n'existe au compte du trésor de l'Etat à la Banque centrale que 1,6 milliard de dinars à cette date, estimant que les négociations initiées par le gouvernement avec le Fonds Monétaire International (FMI) ne pourront pas aboutir à un accord, avant trois mois, d'où l'impératif de trouver les moyens de mobiliser cette enveloppe de 12 milliards de dinars, en attendant le décaissement de la première tranche du prêt qui sera octroyé par le FMI, sinon la Tunisie se trouvera dans l'obligation de rééchelonner ses dettes, et d'accepter des conditions affectant sa souveraineté.

Pour sa part, "Le Temps" souligne qu'il faut faire gaffe à ne pas crier victoire trop vite, expliquant qu'en baissant sa garde lorsque, par mesure de prudence, il faudrait surtout éviter de relâcher son niveau de vigilance, tant que toute la population n'aura pas été immunisée.

Les mesures d'assouplissement du couvre-feu, sur toute la République, et celles, relatives à l'autorisation de festoyer, accordées à tous ceux qui ont pu être vaccinés jusqu'ici, décidées par le Président Kaïs Saïed, ne devraient pas sonner comme la fin d'un épisode, douloureux, qui aura vu partir par le Covid, quelque 22 mille Tunisiens, dont les vies auraient pu être épargnées, n'était-ce la gestion catastrophique d'une pandémie, qui aura laissé le pays, à genoux, et inscrit, notre contrée, en deuxième place, pour ce qui est de l'Afrique, et en peloton de tête, sans conteste, pour ce qu'il s'agit du Maghreb, en matière de décès.

En Algérie, "TSA" fait état d'un sombre constat fait par un ancien ministre algérien sur les médias et la liberté d'expression dans le pays, rappelant qu'une chaîne de télévision privée, "Lina TV", a été fermée lundi dernier par le ministère de la Communication, jugeant que son activité "est en dehors des cadres juridiques en vigueurs".

Pour Abdelaziz Rahabi, diplomate et ancien ministre de la Communication, cité par le média, "cette "fermeture définitive" résume les ravages que peut provoquer l’effacement de la justice et l’absence de cadre légal dans l’exercice d’une activité sensible livrée à une Administration qui fait fonction d’Etat et à d’influents groupes de pression et d’intérêts".

La publication note qu'il s'agit de l'occasion pour celui qui a démissionné du gouvernement pour des divergences avec Bouteflika au tout début de son premier mandat sur la question de la liberté d’expression, de revenir sur l’état de cette liberté et des médias en Algérie, plus de 20 ans après.

Rahabi pointe du doigt des pratiques qui ont fragilisé les médias algériens, jusqu’à voir la souveraineté de l’Algérie "érodée", commente-t-elle, relevant que la liberté d’expression a été de tout temps un enjeu de pouvoir en Algérie, les gouvernants successifs ayant utilisé la répression, le chantage ou la corruption et parfois tout à la fois.

"Ils ont recouru notamment à l’instrumentalisation politique de la publicité institutionnelle ce qui a fait de cet outil, pourtant sponsor avéré de la liberté d’expression et de la démocratie, un instrument de chantage", fait observer Rahabi qui cite le quotidien à "El Watan" comme dernière victime de ces pratiques, bien qu’il ait "rendu à l’Etat algérien plus de services que beaucoup de ses serviteurs zélés incompétents et corrompus".

D'après la même source, Abdelaziz Rahabi rappelle que Bouteflika avait en septembre 1999 fait bloquer par le Conseil de la Nation une loi sur la publicité, présentée sous Zéroual en 1998 et votée par l’APN.

"Ceci, dénonce-t-il, a eu pour effet de redonner toute latitude à l’administration et à quelques décideurs de distribuer sans aucune forme de contrôle de l’argent public et à leur guise, plus d’un milliard et demi d’euros en 20 ans".

"Caisse noire du système", "nid de corruption" et "vecteur de toutes sortes de clientélisme", sont les qualificatifs, selon le média, qu’il utilise pour décrire cette "publicité institutionnelle pervertie" dont le monopole est détenu par l’ Agence nationale d’édition et de publicité (Anep).

"Il est déplorable que cela persiste avec la même victime, la liberté d’expression et la modernisation de l’activité", regrette l'ancien ministre cité toujours par le journal.

En Mauritanie, la presse locale fait état de la disparition en mer d'au moins 37 migrants irréguliers après le naufrage de leur embarcation de fortune au large de Nouadhibou dans le nord-ouest du pays.

D'après la même source, les migrants étaient au nombre de 54 au départ en direction des îles Canaries, dont 7 ont été secourus par les Garde-côtes mauritaniens.