Revue de la presse quotidienne internationale maghrébine

Publié le Lundi 23 Août 2021 à 13:43 | MAP


​Tunis - Les derniers développements politiques en Tunisie, la mauvaise gestion des catastrophes en Algérie et les résultats des épreuves du baccalauréat en Mauritanie sont les principaux sujets abordés lundi par la presse maghrébine.


"L'Economiste Maghrébin" que "le président est en colère. Il tape du poing sur la table. Il s’emporte contre la justice et il a raison".

Selon le média, le chef de l'Etat a exprimé les mêmes frustrations et la même amertume que ressent le citoyen ordinaire face aux graves dysfonctionnements qui affectent l’appareil judiciaire depuis le jour où le parti islamiste a fait main basse sur l’Etat et ses institutions".

Comment peut-on avoir confiance en des magistrats qui envoient derrière les barreaux de pauvres bougres pour des broutilles, mais laissent en liberté une juge épinglée par la douane alors qu’elle transportait une forte somme d’argent sale pour le compte d’un réseau de trafic de devises ? Comment le citoyen ordinaire ne nourrit pas de suspicions à l’égard d’un appareil judiciaire où les terroristes et les corrompus sont protégés par le procureur de la République et le premier président de la Cour de cassation ? Et comment les justiciables ne peuvent pas ne pas s’inquiéter quand le système judiciaire censé leur rendre justice échoue à élucider les assassinats politiques qui tiennent en haleine tout un peuple depuis des années ? se demande-t-il.

"Il n’y a pas lieu d’être tolérant avec celui qui tente d’accaparer la subsistance des Tunisiens", martèle le président tunisien, en mettant à l’index la "politique criminelle" de distribution des produits agricoles.

Selon la même source, l’exemple donné par le président Kais Saied de l’agriculteur qui vend le kg de tomates à 300 millimes que le consommateur achète à deux dinars est éloquent à cet égard.

Il note que le président est révolté et il a raison, expliquant qu’alors qu’il organise des visites inopinées à ce qu’il appelle "les circuits d’affamement du peuple".

"Il faut se rendre à l’évidence que si la Tunisie affiche honteusement sa réputation de premier exportateur mondial de terrorisme, si elle est passée du rang de grand exportateur de phosphates à celui d’importateur, si des assassinats politiques qui ont bouleversé tout un peuple restent à ce jour non élucidés, si une juge qui se met au service des réseaux de corruption et de trafic de devises bénéficie de la mansuétude de ses collègues, si des milliers de terroristes trouvent jusqu’à ce jour aide et protection, c’est parce que la justice a choisi durant la décennie noire de traîner les pieds, de regarder ailleurs, de se laisser infecter par le virus mis au point dans -les laboratoires-" d’Ennahdha", regrette-t-il.

Il fait observer que les bonnes nouvelles sont rares dans ce pays, mais il y en a quelques-unes, citant l’exemple des "succès enregistrés par la double campagne de désinfection du Covid-19 et du virus de l’islam politique".

Selon le média, le premier est en train d’être affaibli à coups de vaccins et le second est en train d’être terrassé à coups de nominations salvatrices aux postes clés du ministère de l’Intérieur, des gouvernorats et autres institutions vitales.

Il ajoute que la meilleure bonne nouvelle est incontestablement du côté de la justice, faisant savoir qu’après la suspension du procureur de la République Béchir Akremi et le transfert de son dossier devant le ministère public, le Conseil de l’Ordre judiciaire vient de prendre une autre décision salvatrice : Le premier président de la Cour de cassation, Taieb Rached, est suspendu à son tour et son dossier est déféré devant le ministère public.

Il souligne que l’hydre à double tête qui a protégé pendant des années les terroristes et les corrompus vient d’être terrassée, en attendant le verdict que l’écrasante majorité des Tunisiens souhaitent exemplaire et en espérant que se poursuive la chasse aux petits serpents que l’hydre a laissés derrière elle dans les arcanes de l’administration judiciaire.

Il estime que comme tout le monde sait, rien ne marchera dans ce pays tant que le corps judiciaire ne s’est pas débarrassé de ses éléments corrompus qui n’ont fait que ternir sa réputation et mettre des bâtons dans les roues de la justice.

En Algérie, "Liberté" note que le Front des Forces Socialistes, l’un des principaux partis d’opposition dans le pays, a dressé un sévère réquisitoire contre le pouvoir en place.

Selon le journal, le parti a dans un communiqué a rappelé qu’"aucune partie, particulièrement le pouvoir, ne peut imposer ses agendas politiques et gérer la société d’une manière unilatérale et répressive sans tenir compte de la volonté de changement et les espoirs démocratiques de tout un peuple".

La même source estime qu’il est grand temps que "les décideurs apprennent les leçons en engageant un processus politique pour concrétiser la volonté populaire, la seule apte à repousser les dangers qui guettent le pays".

D’après le quotidien, le parti a insisté sur la nécessité d’une "solution pacifique, politique et fédératrice en en faisant une priorité absolue" et appelé à créer "un climat idéal pour un dialogue national en rendant à la politique ses règles".

Il estime qu’il est impératif de prioriser les actions, d’organiser et de structurer la société pour unifier l’effort national en vue de bâtir un Etat libre et démocratique.

Le journal ajoute qu’en abordant les tragiques feux de forêt qui ont particulièrement embrasé la région de Kabylie, le FFS a pointé du doigt la faillite du pouvoir et son incapacité à anticiper sur les catastrophes.

"Il est regrettable de constater que les feux ont révélé l’impuissance profonde du pouvoir à anticiper les catastrophes et dans les meilleurs cas de les dépasser et les résoudre avec la rapidité nécessaire", critique le FFS dans son communiqué.

Le média note que devant "l’incompétence avérée du pouvoir en place à gérer les derniers événements", le FFS réaffirme son leitmotiv d’un dialogue national inclusif comme solution aux crises multiformes que vit le pays.

"Devant l’incapacité et l’hésitation dont a fait preuve le pouvoir dans sa gestion des récentes crises et partant de ses origines, il devient urgent d’engager un dialogue national inclusif devant aboutir à un pacte national en mesure d’instaurer un Etat de justice et de droit, un Etat d’institutions légitimes", insiste-t-il.

En Mauritanie, la presse locale revient sur le faible taux d’admission aux épreuves de baccalauréat.

Les médias mauritaniens relèvent, en citant le ministre de l'Education nationale et de la Réforme du système éducatif Mohamed Melainine Ould Eyih, que ces résultats sont "prévisibles".

Les mêmes sources notent que le ministre a expliqué, dans un tweet, que les faibles résultats étaient prévisibles en raison des plusieurs facteurs conjugués dont les dysfonctionnements structurels du système éducatif, l'impact de deux années de la pandémie du Covid-19 et les nouvelles modalités d'organisation des examens.

Commentant le taux d’admission au Bac 2021 de 8% seulement, ils notent que les résultats du baccalauréat en Mauritanie cette année feront "l'objet d'une analyse approfondie".

Ils ajoutent cette analyse a pour objectif de "restructurer les filières de l'enseignement secondaire, qu'elles soient littéraires ou non, afin de résoudre la problématique des langues et de développer les méthodes d'enseignement des sciences, entre autres mesures visant à combler le déficit".