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Un parti d'opposition dénonce une "situation chaotique" en Algérie

Publié le Jeudi 9 Septembre 2021 | MAP



​Alger - Le Parti des Travailleurs (PT), l'une des principales formations de l'opposition en Algérie, a dénoncé une "situation chaotique" dans ce pays.


La démission du gouvernement algérien lors de deux événements dramatiques qu'a vécus le pays, à savoir la dernière vague de la Covid-19 et les incendies, est la preuve d’une "défaillance insurmontable" de l’Exécutif, regrette la secrétaire générale du PT, Mme Louisa Hanoune.

S'exprimant lors des travaux de la session ordinaire du comité central de ce parti, elle a estimé que la succession des événements qu’a connus le pays ne relève pas du hasard, déplorant "une démission quasi-totale de l’Exécutif".

Dans son analyse, Mme Hanoune a regretté une sorte de volonté qui tend à provoquer le désastre, faisant observer que "des événements s’enchaînent d’une manière étrange".

Dans ce sens, la patronne du PT cite "les incendies dévastateurs", "la pandémie de Covid-19" et "l’horrible assassinat de l'activiste Djamel Bensmaïl", en s'interrogeant sur cette succession qu’elle ne met surtout pas dans le registre du hasard.

Elle a mis en garde "contre l’instrumentalisation de la lutte contre le terrorisme" à travers "les amalgames et la généralisation", évoquant d’autres crises qui, selon elle, confortent ces doutes.

"La crise du pain ordinaire, les coupures systématiques d’eau, le rétropédalage du ministère de l’Education nationale sur l’enseignement de tamazight, l’annonce de l’ouverture des capitaux d’entreprises publiques des transports aérien et maritime, le maintien du confinement dit sanitaire, la pénurie de médicaments et les risques qui pèsent sur la rentrée scolaire et universitaire" sont des indices qui poussent vers une explosion sociale, détaille-t-elle.

Revenant sur l’élan de solidarité "spontané", né "pour pallier les graves manquements du gouvernement", la SG du PT a considéré qu'"il est anormal que ce soient des citoyens et la diaspora qui se mobilisent pour venir en aide à la fois aux victimes des incendies et aux personnes atteintes de coronavirus".

Evoquant "le confinement dit sanitaire", Mme Hanoune a souligné que cette "décision" et d’autres "nourrissent la violence, la misère, la harga, la mendicité et la drogue".

Elle a dénoncé "des solutions qui n’ont aucun impact sur la réalité et une politique de fuite en avant".

S’agissant des élections locales prévues pour le 27 novembre prochain, Mme Hanoune s’est dite "ébahie" par cette annonce, alors que la situation ne s’y prête nullement.

"C’est un fait étonnant que de convoquer le corps électoral, qui ne relève pas des soucis des citoyens", a martelé Mme Hanoune, qualifiant l’annonce "de pratiques étranges", compte-tenu "de la plaie des incendies et de la pandémie qui est toujours béante".

"C’est un échec annoncé", a-t-elle anticipé.

La responsable a dénoncé l'"entêtement" du pouvoir à mettre en œuvre sa feuille de route, basée essentiellement sur l’organisation des rendez-vous électoraux.