Tunisie : la démocratie s'estompe dans la success story du printemps arabe

Publié le 06/08/2022
Foreign Policy


En Tunisie, les militants et les politiciens acceptent l'adoption de la nouvelle constitution du président Kais Saied le mois dernier et une nouvelle vision de l'avenir, où leur relation avec le pouvoir a été fondamentalement modifiée.

La nouvelle constitution accorde à Saied des pouvoirs largement incontrôlés, créant un parlement qui est responsable devant lui et lui permettant d'accélérer sa propre législation aux dépens de celle du corps. Surtout, il n'existe aucun mécanisme pour destituer le président, avec les ministres, ainsi que les services de sécurité, la police et le pouvoir judiciaire, tous désormais responsables devant un seul homme.

Selon l'Instance supérieure indépendante pour les élections de Tunisie, connue sous son acronyme français ISIE, environ 95 % des 30,5 % d'électeurs éligibles qui se sont rendus aux urnes le 25 juillet ont voté en faveur de la nouvelle constitution. Les groupes militants et les partis politiques ont mis en doute la légitimité des résultats, soulignant qu'un taux de participation supposé de 30 % n'est guère une base sur laquelle le président peut construire sa « nouvelle république » tant vantée. Police étrangère