PEUPLE ET GOUVERNEMENT, S’IL VOUS PLAÎT, S’IL VOUS PLAÎT, TOUS AU TRAVAIL MAINTENANT !

Publié le 20/09/2022
Amadou Lamine Sall - Poète - Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Enfin les législatives ont eu lieu. Enfin la nouvelle Assemblée a été installée. Enfin Monsieur le président de la République a nommé son Premier ministre. Enfin un nouveau gouvernement a été installé. Enfin que reste-t-il à faire, sinon se mette au boulot ! Pour tous, pas seulement le gouvernement ! Ne surtout pas entendre dire : « Nous attendons de voir ce que ce gouvernement va faire ». Il n ‘y a rien à attendre, sinon se mettre tous en mouvement et travailler, apporter chacune, chacun ce que qu’on peut apporter de meilleur à son pays.



Les citoyens sont plus durables qu’un Gouvernement et qu’un président de la République.

Alors, à eux, les premiers, de donner le ton : se mettre au travail ! Une fois élu un Président met son programme en action. Son gouvernement l’accompagne et transforme ses directives en actes concrets de développement. Bons ou mauvais, ses actes sont là. Il s’agit de continuer à faire mieux et plus là où il y a le moins.

Jamais nous ne trouverons un consensus général autour du succès et de l’impact des actions de Monsieur le président de la République. Non pas que tout est mauvais ou que tout est excellent, mais que c’est impossible de s’entendre à 100% sur les résultats du Chef.  En principe, un Président ne souhaite que réussir, combler les attentes de son peuple. Mais un peuple est divers, complexe, rarement unanime. Et tant mieux ! La critique est toujours utile, si elle est constructive et non destructrice et aveugle. C’est le Chef que l’on plaint le plus car c’est lui qui est le plus exposé. Mais il a choisi d’être exposé. Alors, à lui aussi d’être doté de dépassement et de hauteur. Avancer dans le respect du jugement des autres, serait-il défavorable et injuste !

Accueillons le nouveau Premier ministre et son gouvernement avec respect et avec toutes nos prières. Leur réussite est la nôtre. Leur échec la nôtre. Quelque part, l’échec d’un président de la République est toujours l’échec de tout un peuple. C’est du Sénégal dont il s’agit et de notre image de marque en Afrique et par le monde.

Quels que soient les oppositions, les chocs idéologiques longtemps dépassés, les ruses, les haines et les rages, les ambitions, les critiques, les accusations les plus féroces, le Président gouvernera le temps que le peuple souverain lui a attribué ! Cela doit être ainsi en démocratie ou entre gens civilisés. Et tout sera fini le jour où il quittera ses fonctions, mission accomplie ou inaccomplie. D’ailleurs, l’histoire seule jugera de cette mission accomplie ou inaccomplie. Puis arrivent d’autres enfants du pays élus pour gouverner. Ils passeront et d’autres de nouveau s’installeront. Macky Sall passera. C’est écrit. Mais laissons-lui remplir sa mission que personne ne saurait lui dicter, sinon sa conscience et sa vision du monde. Il doit être désormais bien compris, avec tous les actes posés par les uns et les autres, que cet homme-là gouvernera comme il l’entend et non en se fondant, chaque jour, sur la une de la presse ou les compliments, les insultes sur les réseaux sociaux. On ne gouverne pas d’ailleurs en se fondant sur l’humeur des réseaux sociaux ou de la presse.

Un pays n’est pas un jeu. Cela a forcément ses contraintes, ses joies, ses malheurs, ses revers. Mais il faut avancer. Le voudrait-il, il est difficile pour un Chef d’État de rebrousser chemin et que voudrait dire d’ailleurs rebrousser chemin ? Faiblesse, lucidité, grandeur ? Lui seul décide.

Un bilan ce sont des moyennes ! Certains secteurs sont mieux servis que d’autres ! C’est cela le discours de lucidité et d’objectivité qu’il faut tenir face à l’énorme travail d’investissement accompli par Macky Sall ! « Il n’existe que Dieu pour tout réussir » disait Senghor face à ses détracteurs. Tout un chacun est concerné par le développement du Sénégal. Le peu que certains citoyens et gouvernants pourraient apporter, donner, ce sont la discipline et la politesse. Ces deux postures sont un poste budgétaire important dans le développement d’une nation.  Il faut dire aux Sénégalais et pas seulement au gouvernement, qu’il y a des sacrifices à faire pour chacun. Le gouvernement doit être le premier à faire des sacrifices visibles, convaincants, en diminuant drastiquement son train de vie et celui de ses institutions et agences carnassières. Les gros doivent faire des efforts pour maigrir. Ce n’est pas en comptant sur les ressources pétrolières et gazières que nous allons résoudre tous les problèmes du Sénégal. Le 1er problème d’ailleurs à résoudre avant toute chose, est le Sénégalais lui-même !

Le Gouvernement ferait bien d’expliquer ce que d’abord le Sénégal est appelé à payer pour les frais de recherches, d’études, de prospections et d’exploitations du pétrole et du gaz. C’est énorme ! Ce n’est pas gratuit que d’avoir du pétrole. La justice sociale passera d’abord par le dégrossissement du train de vie de l’État qui va jusqu’à la réduction drastique des membres du gouvernement, entre 15 et 20 au plus. Idem pour la réduction des vice-présidents de l’Assemblé nationale, membres du bureau, c’est-à-dire les huit vice-présidents, les six secrétaires élus. Il est temps de faire un effort visible et concret sans compter la viabilité du HCCT tant décrié ! Mais, toujours en toutes choses, ne rien imposer mais proposer, car qu’on le veuille ou non, c’est au président de la République seul, conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés, d’en décider.

Il nous faut tous ensemble montrer un pays qui lutte mais montrer aussi un pays qui gagne, qui triomphe. Par ailleurs, par sagesse et humilité, « Soyons inquiets quand cela marche et soyons inquiets quand cela ne marche pas ». Apprenons que « L’absence de préjugés est une vertu…» C’est une des voies de cette quête de foi et de spiritualité à laquelle nous devons tendre pour davantage nous rapprocher, nous écouter, nous comprendre, nous accepter, nous aimer. Les Sénégalais ont besoin de s’aimer ! La politique semble tout ruiner !

Les hommes politiques nous démontrent et nous disent tous les jours qu’ils sont le problème et non la solution. Le peuple nous fait également croire qu’il est la solution, alors qu’il est lui aussi un insoluble problème ! Ceux qui ont choisi par exemple de ne pas voter et qui sont les plus nombreux laissent imposer des majorités peu glorieuses. Ce pays est en train de ressembler à un infernal capharnaüm ! Nous vaincrons ce sort, car il est de notre mission citoyenne et gouvernementale de le vaincre pour ensemble construire notre beau pays !

Encore bonne chance au nouveau Premier ministre Amadou Ba. Nous ne pouvons que lui souhaiter de gagner. S’il perd, nous perdons. Bonne chance également au nouveau gouvernement. Aucun ministre qui sert son pays ne souhaite échouer. Alors, aidons-les à réussir pour que partout le Sénégal gagne.

Comme poète et appartenant à la famille précieuse de la Culture, je souhaite la soyeuse bienvenue à notre frère Aliou Sow, devenu ministre de la Cuture du Sénégal. Vous êtes notre vitrine de par le monde, car le Sénégal c’est d’abord la culture. Vous êtes le plus regardé, le plus suivi. Vous êtes l’éclat du Gouvernement. Apportez votre relief au président de la République. Allez le chercher souvent pour aller voir de près ce que ses artistes, toutes disciplines confondues, apportent à leur pays et au-delà. Un grand ministre de la Culture a besoin d’un généreux et attentif président de la République. Macky Sall est un cadeau pour vous ! Ne le lâchez pas.

Juste saluer un haut fonctionnaire qui, en vérité, a été de tout temps, le vrai ministre des Finances du Sénégal. Effacé, discret, travailleur, redoutable stratège, je l’ai de tout temps qualifié d’horloger de l’économie et des finances du Sénégal. Avec les redoutables et cruelles institutions financières internationales, il sait jouer de la Kora et du piano pour que tout passe comme lettre à la poste. Il a toujours été le garant de la sécurité financière du pays. Il me rappelle de grands maîtres virtuoses comme Lamine Loum, ancien ministre des Finances et Pm du Président Abdou Diouf.

Amadou Ba, flamboyant ministre des Finances d’alors, me l’avait présenté dans son bureau avec des directives suivies et exécutées : soutenir la Culture très mal dotée en budget ! Moustapha Ba est ainsi devenu un ami de la Culture et fort sensible à sa pauvreté budgétaire ! Enfin arrivé au « en-haut-du-en-haut » du ministère des Finances, puisse Dieu vous accompagner Monsieur le ministre dans votre mission et ne lâchez pas la Culture !  Je suis devenu plus âgé que le Sénégal indépendant et je découvre un pays qui mérite d’être aimé, protégé. Ensemble protégeons-le.

Gardez tous vos cartons rouges et au travail !